Mugla,
la capitale de la province, est une charmante
petite ville qui a très bien été préservée du
béton moderne et qui a su garder intacte ses caractéristiques
du passé. Une balade dans le centre ville fera
découvrir des maisons traditionnelles turques
et le mode de vie de la région: les vieilles maisons,
les places, les mosquées, les fontaines, les cafés
ombragés traditionnels, les échoppes, les hans
et le bazar.
Mugla est une des plus anciennes villes de Carie.
Cependant, à cause de sa situation à l’intérieur
des terres, elle ne bénéficia pas du commerce
maritime et ne fut pas une ville aussi riche que
ses contemporaines Halicarnassus
et Mylasa. Après
la conquête d’Alexandre
le Grand et son retrait de la région, Mugla
entra dans une période sombre et tumultueuse..
En 188 av. J.C., avec l’aide des Romains,
Mugla passa sous le controle du Royaume
de Pergame. Lorsque Attale III légua son royaume
aux Romains en 133 av. J.C., la ville fut incorporée
dans la province romaine d’Asie. Après une longue
période byzantine,
en 800, lorsque le caliphe abasside Harun Al-Rashid
arriva dans la région, l’influence islamique devint
prédominante. Suite à la bataille de Manzikert
en 1071, les Turcs Seljoukides
étendirent largement leurs conquêtes en Anatolie.
A partir de leur déclin en 1284, la région fut
appelée "Mentese", étant passée sous
la domination de Mentese Bey. Sous le dernier
chef des Mentese, Ilyas Bey, à la fin du XIVème
siècle, la région fut conquise par Bayezit
I, mais a cause de l’invasion de Tamerlan,
elle ne fut prise définitivement par les Ottomans
qu’en 1424.
Il ne faut pas manquer de visiter le Musée
de Mugla installé en 1986 dans l’ancienne
prison du XIXe siècle. Le musée situé dans la
vieille ville comprend:
- la section d’histoire naturelle :
fin 1992, les fouilles menées près du village
de Özlüce ont révélé de nombreux fossiles d’animaux
et de plantes qui sont exposés depuis 1994 dans
le musée. Avant leur extinction, ces créatures
vivaient dans une vaste région comprise entre
l’Asie de l’ Est et l’Espagne. Ces fossiles ayant
été en premier découverts dans la région de Téruel
en Espagne, ils appartiennent à la période dite
du Turolien. Ils sont datés de 5 à 9 millions
d'années. - la section archéologique où
sont exposées des pièces provenant des sites antiques
environnants et incluant les statues, bas-reliefs
et tout ce qui provient des fouilles menées à
Stratoniceia et Lagina
(voir plus bas). D’intéressantes céramiques de
Ceramos sont également exposées
içi. Ceramos (Keramos) est située à Ören sur le
rivage de la baie de Gökova. "Ceramos"
veut dire poterie ou céramique en grec. - la section ethnographique est
intéressante pour comprendre le mode de vie, les
coutumes et traditions des habitants de la région
et de leurs ancêtres.
STRATONICEIA
La
ville antique de Stratonecieia est située à 8
km à l’ouest de Yatagan sur l'axe Milas-Mugla.
Les ruines de Stratonecieia sont étonnament éparpillés
entre les maisons de l’ancien village d’Eskihisar
qui a été évacué dans les années 1970 à cause
des mines de charbon environnantes. Quelques rares
familles vivent encore dans leurs jolies maisons.
La ville prit le nom de Stratonice, la femme de
Seleucos Nicator
qui poussa le vieux roi à divorcer pour qu’ elle
puisse se remarier avec le fils de celui-ci, Antiochos
Ier Soter, qui fonda la cité en l’honneur de son
ancienne belle-mère et nouvelle épouse.
Les plus importants vestiges hellénistico-romains
sont la Porte Monumentale, le Gymnase,
le Bouleutérion
situé au centre de la cité, le Théâtre.
La
porte monumentale
Le
gymnase
Le
bouleuterion
Maison
encore habitée dans le village
Une
Voie Sacrée longue de 11 km et bordée de
tombes, partait de la Porte monumentale et reliait
Stratoniceia, qui était le centre politique, au
Sanctuaire de Lagina, le grand
centre religieux de la Carie,
dédié à Hécate. Cette déesse anatolienne était
la soeur jumelle de Leto.
Elle régnait sur l’air, la terre et la mer, elle
assistait aux enterrements et se chargeait des
esprits des morts. Les oracles et les sorcières
étaient ses prêtres. Durant les fêtes religieuses,
une splendide procession rituelle portait la clé
du Temple d’Hécate de Lagina à Stratoniceia.
Le
Temple d'Hécate
Les
séismes ont provoqué des plissements
sur ce côté du temple
Le
Temple d'Hécate et son pédiment
Le
propylon (grand portail dentrée)
Le
propylon
Statue
d'Hecate découvert sur le site de
Lagina
L’ILE
DE CEDRE (SEDIR ADASI)
Située
au fond de la Baie de Gökova,
l’Ile de Cedrae (l’antique Cedrae) est un endroit
intéressant à visiter tant sur le plan archéologique
que sur le plan géologique.
En venant de Mugla, il
est possible de se rendre
sur l’île en bateau depuis Gökova-Akyaka ou depuis
Çamliköy.
Les ruines des nombreuses tours en pierres de
taille régulières, le temple d’Apollon et une
église, le théâtre bien conservé, l’agora et le
port constituent les vestiges de la ville antique.
Le sable sur le rivage de l’île est d’ un intérêt
tout particulier. Le carbonate des eaux de source
qui s’écoulent dans la mer, enveloppe les fines
particules de sable, formant ce que l’on appelle
l’oolite ou la pisolite selon leur grosseur. Dans
la région de Ula, le carbonate de calcium s’accumule
en fines particules avec chaque mouvement des
vagues, et l’adduction de ces particules de carbonate
augmente. Ce phénomène est unique à l’intérieur
de la zone climatique entourant la Turquie et
dans les mers environnantes.
Il semblerait que la beauté de Cléopâtre serait
due aux propriétés de ce sable. C’est la raison
pour laquelle l’île est également appelée Ile
de Cléopâtre.
CNIDE
Une superbe route panoramique qui domine le
Golfe d'Hisarönü relie Marmaris
à Datça et permet d'atteindre ce site antique.
Située à la pointe de la presqu'île de Datça
(cap Krio) dans un magnifique cadre naturel,
Cnide (Cnide), une cité d’origine dorienne en
Carie, faisait partie
de la Confédération Dorienne
avec Halicarnasse,
Cos située sur l’île du même nom, Camiros, Lalysos
et Lindos toutes trois situées sur l’île de
Rhodes. Ensemble elles formaient l’Héxapole,
en grec les "six cités". Celui-ci
devint le Pentapole ou "les cinq cités"
lorsque Halicarnasse fut exclue de la confédération
car l'un de ses citoyens, Agasiclès, avait négligé
de donner en offrande à Apollon le tripode qu’il
avait gagné aux jeux de l’Héxapole. Les cités
avaient un sanctuaire en commun, un temple dédié
à Apollon appelé le Triopion situé sur le promontoire
sur lequel se trouvait Cnide. Au VIe siècle
av.J.C, Cnide était déjà
une cité prospère et au IVe siècle
av. J.C., elle était devenue une importante
métropole cosmopolite. C'est durant cette
période que les sculpteurs de renom Scopas
et Bryxias travaillèrent à l'embellissement
des nombreux temples de la cité. Epargnée
par les Perses, disputée
par les Athéniens et les Spartiates, elle fut
occupée par Alexandre
en 333 av. J.C.. Ce fut durant la période
hellénistique (330-31 av. J.C.) que Cnide
atteignit son apogée culturel, artistique et
commercial.
Vers 350 av J.C. Praxitèle
sculpta deux statues, l’une drapée et l’autre
nue de la déesse de l’amour et de la beauté,
Aphrodite. Le modèle qui posa pour Praxitèle
était Phryne, une des plus célèbres “hetaerae”,
ou courtisanes, de l’époque. Cos préféra la
version drapée donc plus décente, alors que
Cnide fit l’acquisition de la statue dédaignée
de l’Aphrodite Nue, la première
statue de nu féminin de la sculpture classique,
dont la renommée assura l'immortalité de la
cité. On ne connaît malheureusement que des
copies de la statue de la déesse qui était exposée
dans son temple. La description qui suit est
tirée des “Amores”, attribuées au rhétoricien,
satiriste et voyageur Lucien de Samosate
(Samosate/ Commagène
vers 125 – ? vers 192), et loue avec passion
la statue :
« Nous nous arrêtâmes à Cnide, au Temple
d’Aphrodite (Venus), où se trouve la célèbre
statue faite par Praxitèle. Lorsque nous pénétrâmes
dans l’enceinte du temple, nous ressentîmes
l’ haleine caressante de la déesse nous envelopper.
Le temple n’ avait pas été rendu stérile par
des dallages mais représentait la fertilité
comme il sied à Aphrodite. Les arbres fruitiers
s’élevaient partout, formant une voûte dense.
La myrte, son essence favorite, déployait ses
branches chargées de baies.....Au milieu du
temple se tenait la déesse – une superbe statue
en marbre de Carie – laissant échapper un sourire
légèrement hautain par ses lèvres entrouvertes.
Son corps nu dévoilait et révèlait toute sa
beauté, à l’ exception de ses parties intimes
que cachait sa main. L’artiste, qui possédait
une telle maîtrise de son art, avait réussi
à rendre parfaitement chaque partie du corps
dans le marbre dur.....Le temple avait deux
entrées sur chaque côté pour ceux qui désiraient
aussi examiner la déesse par l’arrière, ne manquant
ainsi aucune partie de son corps. Quiconque
pouvait donc facilement admirer la beauté de
son dos. Ainsi nous décidâmes de découvrir entièrement
la déesse. Lorsque la gardienne des lieux nous
ouvrit la porte arrière, nous fûmes transportés
par la beauté qui s’offrait à nous. »
Eudoxos, le fameux astronome
et mathématicien élève de Platon et inventeur
du cadran solaire horizontal, Ctesias
le physicien qui séjourna à la cour du roi perse
Artaxersès et qui écrivit "l’Histoire des
Perses" et "l’Histoire de l’Inde",
et Sostratos, l’architecte
du célèbre Phare d'Alexandrie (une des Sept
Merveilles du Monde) étaient tous originaires
de la cité. Comme à Cos (où naquit Hippocrate),
à Cnide se trouvait une école de médecine réputée.
En 129 av.J.C., Cnide fut rattachée à la province
romaine d'Asie mais
reçut le statut de "cité
libre". Durant la période
byzantine, Cnide souffrit beaucoup des invasions
arabes et plus tard, de plusieurs tremblements
de terre dévastateurs.
La cité était construite en partie sur le continent
et en partie sur l’Ile de Tropion qui étaient
anciennement reliés par une chaussée et un pont,
et aujourd’hui par un isthme sablonneux étroit.
Un canal reliait les deux bassins du
port. Le bassin sud, qui était le plus
grand, fut plus tard protégé par de puissants
môles .
Les remparts hellénistiques,
à la fois insulaires et continentaux, sont visibles
à différents endroits, notamment autour de l’acropole.
Les ruines de la ville qui s’élevait en terrasses
sur les flancs des collines, sont constituées
par l’agora,
le théâtre
de la ville haute et le théâtre de la ville
basse, l’odéon,
Le Temple Circulaire (le Temple
d’Aphrodite), le Temple de Dionysos,
le Temple d'Apollon, le Temple
de Demeter. La Statue de Demeter,
découverte lors des fouilles exécutées par Sir
Charles Newton en 1857-1858, fut envoyée au
British Museum ainsi que la Statue Colossale
du Lion, sculptée dans un seul bloc
de marbre pentélique, qui couronnait le toit
pyramidal d’un mausolée situé à 3 km au sud-est
de la ville.
Port
principal de commerce
Le
théâtre Hellénistique
de la ville basse dominait le grand
port, alors que l'autre théâtre
était situé dans la ville
haute.
La
ville était construite sur les
flancs des collines
en terrasses s'étageant jusqu'à
la mer
Ruines
du Temple d'Apollon et du Grand Autel.
Le port militaire à l'arrière
plan.
Le
Temple Circulaire abritait la statue d'Aphrodite.
La cella du Temple Circulaire (Tholos)
était entourée
de colonnes couronnées de chapitaux
corinthiens.
La stoa, un long portique couvert,
bordait une rangée de magasins.
Cadran
solaire
Aphrodite
nue de la période hellénistique
tardive
(Ier siècle av. JC) provenant du Tumulus
de Dardanos (musée de Çanakkale)
DATÇA
Datça est un petit port - station balnéaire situé
au sud de la Péninsule de Datça qui
crée une limite naturelle entre la Mer Egée au nord
et la Mer Méditerranée au sud. Datça, qui se trouve
à 75 km de Marmaris, y est reliée par une route panoramique
sinueuse surplombant le Golfe de Hisarönü
où les belles plages des villages de vacances confortables
sont baignées par des eaux claires. Autour de la marina
de Datça, les bars, cafés, restaurants et boutiques
attirent les touristes, mais il ne faut pas manquer
le vieux Datça avec ses anciennes maisons en pierre
restaurées.
Datça est la ville la plus proche (38 km) du site
antique de Cnide situé à l’ extrémité
de la péninsule.
Un ferry quotidien relie Datça (depuis le port de
Körmen situé à 10 km de Datça du côté nord de la péninsule)
à Bodrum. Des hydrofoils relient Datça à Rhode via
la petite île grecque de Symi située juste en face.
Golfe
de Hisarönü
Datça
MARMARIS
Marmaris est une jolie et importante station balnéaire
située dans une magnifique baie entourée par des
montagnes qui plongent dans les eaux bleues et couvertes
de forêts de pins. Le miel local de pin, appelé
"çambali", est délicieux et très réputé.
L’antique Physcos était une étape importante sur
la route Anatolie-Rhodes-Egypte. La ville moderne
de Marmaris s'est développée autour de la forteresse
ottomane construite par Soliman
le Magnifique très probablement après la campagne
de Rhodes menée en 1522. A l’ entrée de l’étroite
rue en escalier qui monte à la forteresse, se trouve
un caravansérail de la même période portant une
inscription datée de 1545. La forteresse fut en
partie détruite par des boulets de canon envoyées
depuis un navire de guerre français en 1914 pendant
la Première Guerre Mondiale. La forteresse a été
restaurée entre les années 1980 et 1990 et ouverte
au public en tant que Musée de Marmaris.
Le musée comprend une section archéologique où sont
exposés des objets mis au jour durant les fouilles
menées à Hisarhönü, Cnide
et Burgas près de Datça, une section ethnographique
et une galerie d’ art. Les vieilles maisons,
situées dans l’enceinte de la forteresse, ont été
également toutes restaurées.
Le
Festival International de la Navigation de Plaisance
a lieu chaque année en mai à Marmaris, le Festival
de Marmaris en juin et le Festival International
de Courses de Voiliers en novembre.
Marmaris (Dalaman) est doté d'un aéroport de lignes
intérieures et internationales. Des hydrofoils relient
Marmaris à l'île grecque de Rhodes. Des ferries
relient Marmaris à Venise.
Marmaris est un bon
point de départ pour explorer la région où foisonnent
les sites archéologiques (comme Saranda, Erine,
Castabus, Amos, Bybiassos, Thymnus, Burgaz, Loryma),
la superbe baie dotée de plages de sable et le village
de Turunç (qui peut être atteint
aussi bien par la route que par la mer) avec ses
restaurants de poissons. Le port de Marmaris est
également un excellent point de départ pour des
" croisières bleues"
à l'est vers
Ekincik, le Golfe de Fethiye
et Göcek, Fethiye
et plus loin le long de la côte
lycienne, ou à l’ouest vers la Péninsule
de Bozburun, le Golfe d’Hisarönü
et la Péninsule de Datça.
L’ILE
DE CEDRE (SEDIR ADASI)
Située
au fond de la Baie de Gökova,
l’Ile de Cedrae (l’antique Cedrae) est un endroit
intéressant à visiter tant sur le plan archéologique
que sur le plan géologique.
En venant de Marmaris, il est possible de se rendre
sur l’île en bateau depuis Gökova-Akyaka ou depuis
Çamliköy.
Les ruines des nombreuses tours en pierres de
taille régulières, le temple d’Apollon et une
église, le théâtre bien conservé, l’agora et le
port constituent les vestiges de la ville antique.
Le sable sur le rivage de l’île est d’un intérêt
tout particulier. Le carbonate des eaux de source
qui s’écoulent dans la mer, enveloppe les fines
particules de sable, formant ce que l’on appelle
l’oolite ou la pisolite selon leur grosseur. Dans
la région de Ula, le carbonate de calcium s’accumule
en fines particules avec chaque mouvement des
vagues, et l’adduction de ces particules de carbonate
augmente. Ce phénomène est unique à l’intérieur
de la zone climatique entourant la Turquie et
dans les mers environnantes.
Il semblerait que la beauté de Cléopâtre serait
due aux propriétés de ce sable. C’est la raison
pour laquelle l’île est également appelée Ile
de Cléopâtre.
DALYAN
ET KAUNOS
La charmante petite ville touristique de Dalyan
se trouve sur la rive gauche de la rivièreDalyan (Dalyan Çayi), un cours
d'eau qui serpente parmi les roseaux depuis le
Lac de Köyçeyiz jusqu'à la mer.
Le lac se rétrécissant en un canal se jete dans
la rivière Dalyan qui débouche dans la mer à la
plage d’Iztuzu, une des plages
les plus spectaculaires de Turquie. La plage d’Iztuzu,
devenue un site protégé, est l'endroit où l’ espèce
des tortues de mer Caretta Caretta viennent pondre
leurs oeufs. Une agréable et dépaysante promenade
en bateau, depuis Dalyan jusqu'à la mer (ou dans
le sens inverse pour ceux qui sont en croisière),
est la meilleure façon de découvrir tout le site
ainsi que l'ancienne cité lycienne de Caunos
située sur la rive droite où l’on y verra les
remparts hellénistiques, les
très beaux tombeaux
rupestres lyciens ainsi que le théâtre
très bien conservé et quelques autres ruines.
D’après les "Métamorphoses" d’Ovide,
l’histoire de la fondation de Caunos se serait
passée comme suit : Milet,
le fils de Phoebus (Apollon) et fondateur de la
ville de Milet, s’unit à la nymphe Cyanée, la
fille du dieu des fleuves Méandre,
qui donna naissance aux jumeaux Byblis et Caunos,
tous deux d’une très grande beauté. Byblis s’éprit
d’un amour incestueux pour son frère Caunos et
le lui avoua dans une lettre. Caunos, horrifié,
la rejeta. Fuyant sa soeur, il vint dans cette
partie de la Carie
et fonda la ville de Caunos. Quant à Byblis, elle
le poursuivit dans sa fuite mais ne put le trouver.
Elle pleura toutes les larmes de son corps et
allait mourir de chagrin et d’épuisement, lorsque
des nymphes la transformèrent en fontaine.
Caunos était une ville riche mais elle acquit
une mauvaise réputation car ses habitants contractaient
la malaria qui était très répandue du fait de
la prolifération des moustiques. Le déclin de
Caunos, qui autrefois se trouvait au bord de la
mer, fut causé par l’envasement progressif de
son port, ce qui le rendit dangereux pour les
bâteaux. Petit à petit, la population locale revint
à la vie de village et à la pêche, tout comme
aujourd’ hui. Le mot turc "dalyan" signifie
"pêcherie". La rivière est criblée de
structures en bois tendues en travers afin de
prendre au piège les mulets gris lorsque qu’il
redescendent vers la mer après avoir frayé dans
les eaux fraîches du Lac de Köyçeyiz.
Dalyan et Köyçeyik sont également réputées pour
leurs bains de boue et leurs
bassins d’eaux chaudes sulphureuses
aux propriétés thérapeuthiques (rhumaismes, foie,
système nerveux, nettoyage et embellissement de
la peau), utilisés depuis la période hellénistique.
FETHIYE
Fethiye est située à 50 Km de l’aéroport de Dalaman,
dans une région qui est devenue très populaire pour
ses plages et le tourisme de croisière. La ville
elle-même est une agréable station balnéaire avec
de nombreuses possibilités d’hébergement et une
importante marina au bord d’une superbe baie où
sont éparpillées de petites îles. La baie est elle-même
située dans le Golfe de Fethiye
où se trouvent douze îles et d’innombrables criques
toutes plus belles les unes que les autres, et qui
sont des abris idéaux pour les bâteaux durant la
"croisière bleue".
Il est également possible de se rendre dans ces
îles lors d’excursions journalières au départ de
Fethiye ou de Göcek.
Golfe
de Fethiye
Fethiye
s’est développée à l’emplacement de l’antique Telmessos
qui prit le nom du fils d’Apollon. La ville fut
prise par le roi perse
Harpagos et annexée à la Carie.
Au IVème siècle av. J.C., le souverain lycien Périclès
assiègea les habitants et leur imposa ses conditions.
La ville, qui ne faisait pas partie de la Lycie,
conclut un traité de paix avec Alexandre
le grand et passa aux mains de ses successeurs,
les Ptolémées ainsi que les descendants de Lysimaque.
En 189 av. J.C., Telmessos fut offerte par les Romains
à Eumènes de Pergame,
et la ville resta la propriété du Royaume
de Pergame jusqu’à sa disparition en 133 av.
J.C.. Telmessos fut alors inclue dans la province
romaine d’Asie. Vers la fin du Ier siècle av. J.C.,
Telmessos devint finalement membre de la Ligue
Lycienne et dès lors partagea le destin des
autres cités lyciennes. Suite aux invasions arabes,
au VIIIe siècle le nom de la ville fut changé en
Anastasiupolis en honneur à l’empereur byzantin
Anastase II. En 1284, la ville fut prise par les
Menteseogullari qui la nommèrent Megri ou Makri,
et elle fut incorporée à l’Empire Ottoman
en 1424.
En 1934, la ville prit finalement le nom de Fethiye
en commémoration du pilote turc, Fethi Bey qui perdit
la vie en 1914 dans le premier accident de l'histoire
de l'aviation turque.
Il ne reste que peu de vestiges de l'antique Telmessos.
Le théâtre, situé
près du quai de la nouvelle Fethiye, et le Temple
d’Apollon qui, selon Charles Texier, était encore
debout dans les années 1850, furent détruits par
les deux tremblements de terre de 1856 et 1957.
Le chateau médiéval, situé sur l’acropole, fut utilisé
par les Chevaliers de Rhode. Il est entouré par
un mur dont la partie inférieure est romaine et
la partie supérieure médiévale.
Parmi la vingtaine de tombeaux lyciens creusés dans
la paroi de la montagne surplombant la ville, le
plus beau est celui de Amyntas, un des lieurenants
d’ Alexandre resté là pour gouverner la région,
qui date du IVe siècle av. J.C.. Il a la forme d'un
temple avec deux colonnes ioniques entre les pilastres.
La plupart de ces tombes rappellent les maisons
lyciennes en bois. Quelques sarcophages lyciens
sont dispersés dans la ville.
Le Musée Archéologique de Fethiye
expose de très importantes pièces provenant des
fouilles faites dans les nombreuses villes antiques
de la région. Une des pièces les plus importantes
du musée est la stèle trilingue de Letoon
avec des inscriptions en grec, lycien et araméen,
ce qui est crucial pour le déchiffrage de la langue
lycienne.
Tombe d' Amyntas
Tombe
lycienne au milieu d'une rue
Kaya köy est un village fantôme
situé à environ 18 kilomètres au sud de Fethiye,
près de Hisarönü. Le village (l’antique Karmylassos)
fut déserté en 1925 par ses habitants grecs après
l'échange de population
suite à la fondation de la République
Turque. Les Turcs venus de Grèce ne purent s’adapter
aux maisons et construisirent leurs propres maisons
plus bas dans la plaine. Ainsi le village fut abandonné
deux fois en peu de temps, et par les Grecs et par
les Turcs. L’église du village qui pense-t’on daterait
du XVIIe siècle, fut restaurée en 1888. Les fresques
furent recouvertes de plâtre par les Turcs qui utilisèrent
le bâtiment comme mosquée durant quelques temps.
Fethiye
est le point de départ de nombreuses excursions
en bateau comme par exemple :
- la Vallée des Papillons est un
canyon aux parois abruptes ou l'on peut y voir une
espèce de papillons appelée "Tigre de Jersey"
qui évolue içi entre juillet et septembre.
- la Mer Morte ou Lagon
bleu (Ölü Deniz) que l’on peut atteindre
soit en bateau, soit par la route (17 km de Fethiye).
Ce lagon abrité d'une grande beauté avec ses nuances
de bleu et vert, est presque complètement coupé
de la mer. A côté s’étend la très belle plage de
sable fin bien équipée de Belcegiz. D’agréables
hôtels sont nichés dans la luxuriante verdure environnante.
L’endroit est idéal pour pratiquer les sports nautiques
et le parapente depuis le Mont Babadag qui s’élève
à 1975m.
Ceux
qui se rendent à Ölü Deniz par la mer peuvent jeter
l’ancre à l’Ile de Gemiler également
connue sous le nom d’Ile St
Nicolas en raison de l’une des églises qui porte
le nom du saint qui vécut ou séjourna quelques temps
içi. L’endroit est, comme l’Ile de Karacaören, rempli
de vestiges romains et byzantins. Suite au tremblement
de terre de 240 ap. J.C., l’île s’enfonça quelque
peu dans la mer, et certaines ruines, comme celles
d’un quai et d’un entrepôt, sont partiellement submergées.
Jusqu’au XIIe siècle, l’île fut un port d’escale
important en particulier pour les pélerins se rendant
en Terre Sainte en Palestine. Sur l’île, du sommet
de laquelle le panorama sur les alentours est fantastique,
on verra les vestiges de nombreuses églises, tombes,
petites maisons, des mosaiques qui recouvraient
les sols, et un long tunnel.
Dans les environs
de Fethiye se trouvent de nombreuses villes antiques
telles que Krya, Cadyanda, Pinara Tlos,
Xanthos,
Letoon
and Patara.
Tlos (Yakaköy),
qui est située à 36 km au sud de Fethiye, était
une des six cités principales lyciennes. Une hâche
découverte à Tlos et datant de 2 000 av. J.C., fait
de Tlos une des plus anciennes citées de Lycie.
A Tlos, on remarquera les tombes en formes de temple
creusées à flanc de la colline de l’acropole. La
tombe la plus intéressante comporte un bas-relief
du héro Bellérophon chevauchant Pégase : la légende
mythologique raconte que le roi de Lycie envoya,
pour le punir d’ une histoire d’amour douteuse dans
laquelle il était impliqué, le galant Bellérophon
tuer la chimère. La fille d'Echidna et de Typhon
était une créature à trois têtes avec l’avant du
corps qui ressemblait à un lion, le milieu à une
chèvre et la queue à un dragon. Elle crachait du
feu et terrorisait la région. Aidé par Athéna, Bellérophon
captura Pégase, monta le cheval ailé et attaqua
la chimère. Ayant enfonçé la pointe plombée de sa
lance dans la gueule du monstre, le plomb fondit
et étouffa la créature. Bellérophon la renvoya sous
terre où elle crache toujours du feu sur les hauteurs
d’Olympos
!
Couronnant l’acropole
s’ élève une citadelle qui fut habitée au XIXème
siècle par "Kanli Ali Aga", ou "Ali
le chef sanguinaire", un seigneur turc notoire.
La vue depuis le haut est spectaculaire. Les sarcophages
lyciens se trouvent à l’intérieur des murs d’enceinte
de l’acropole, alors que la plupart des bâtiments
principaux sont à l’extérieur : les vestiges du
stade, de la
palestre et
du gymnase
à proximité des magnifiques thermes à la terrasse
circulaire, de la basilique byzantine, de l’agora,
du théâtre et
d’une tour romaine, ainsi que des sarcophages de
différentes époques.
A
44 km de Fethiye, dans les montagnes Akdaglar se
trouve le Canyon de Saklikent.
Ce canyon de 18 km de long, avec son torrent qui
dévale les pentes, est un merveilleux endroit raffraîchissant
durant l’été. On peut y faire du trekking et déjeûner
dans des restaurants rustiques qui servent des truites.
Dans le village d’Arsa (l’antique Arsada), se trouvent
des tombes et des sarcophages lyciens.