MUGLA


Mugla, la capitale de la province, est une charmante petite ville qui a très bien été préservée du béton moderne et qui a su garder intacte ses caractéristiques du passé. Une balade dans le centre ville fera découvrir des maisons traditionnelles turques et le mode de vie de la région: les vieilles maisons, les places, les mosquées, les fontaines, les cafés ombragés traditionnels, les échoppes, les hans et le bazar.

Mugla est une des plus anciennes villes de Carie. Cependant, à cause de sa situation à l’intérieur des terres, elle ne bénéficia pas du commerce maritime et ne fut pas une ville aussi riche que ses contemporaines Halicarnassus et Mylasa. Après la conquête d’Alexandre le Grand et son retrait de la région, Mugla entra dans une période sombre et tumultueuse.. En 188 av. J.C., avec l’aide des Romains, Mugla passa sous le controle du Royaume de Pergame. Lorsque Attale III légua son royaume aux Romains en 133 av. J.C., la ville fut incorporée dans la province romaine d’Asie. Après une longue période byzantine, en 800, lorsque le caliphe abasside Harun Al-Rashid arriva dans la région, l’influence islamique devint prédominante. Suite à la bataille de Manzikert en 1071, les Turcs Seljoukides étendirent largement leurs conquêtes en Anatolie. A partir de leur déclin en 1284, la région fut appelée "Mentese", étant passée sous la domination de Mentese Bey. Sous le dernier chef des Mentese, Ilyas Bey, à la fin du XIVème siècle, la région fut conquise par Bayezit I, mais a cause de l’invasion de Tamerlan, elle ne fut prise définitivement par les Ottomans qu’en 1424.


Il ne faut pas manquer de visiter le Musée de Mugla installé en 1986 dans l’ancienne prison du XIXe siècle. Le musée situé dans la vieille ville comprend:

- la section d’histoire naturelle : fin 1992, les fouilles menées près du village de Özlüce ont révélé de nombreux fossiles d’animaux et de plantes qui sont exposés depuis 1994 dans le musée. Avant leur extinction, ces créatures vivaient dans une vaste région comprise entre l’Asie de l’ Est et l’Espagne. Ces fossiles ayant été en premier découverts dans la région de Téruel en Espagne, ils appartiennent à la période dite du Turolien. Ils sont datés de 5 à 9 millions d'années.
- la section archéologique où sont exposées des pièces provenant des sites antiques environnants et incluant les statues, bas-reliefs et tout ce qui provient des fouilles menées à Stratoniceia et Lagina (voir plus bas). D’intéressantes céramiques de Ceramos sont également exposées içi. Ceramos (Keramos) est située à Ören sur le rivage de la baie de Gökova. "Ceramos" veut dire poterie ou céramique en grec.
- la section ethnographique est intéressante pour comprendre le mode de vie, les coutumes et traditions des habitants de la région et de leurs ancêtres.

STRATONICEIA

La ville antique de Stratonecieia est située à 8 km à l’ouest de Yatagan sur l'axe Milas-Mugla.
Les ruines de Stratonecieia sont étonnament éparpillés entre les maisons de l’ancien village d’Eskihisar qui a été évacué dans les années 1970 à cause des mines de charbon environnantes. Quelques rares familles vivent encore dans leurs jolies maisons.
La ville prit le nom de Stratonice, la femme de Seleucos Nicator qui poussa le vieux roi à divorcer pour qu’ elle puisse se remarier avec le fils de celui-ci, Antiochos Ier Soter, qui fonda la cité en l’honneur de son ancienne belle-mère et nouvelle épouse.

Les plus importants vestiges hellénistico-romains sont la Porte Monumentale, le Gymnase, le Bouleutérion situé au centre de la cité, le Théâtre.



La porte monumentale

Le gymnase

Le bouleuterion

Maison encore habitée dans le village
Une Voie Sacrée longue de 11 km et bordée de tombes, partait de la Porte monumentale et reliait Stratoniceia, qui était le centre politique, au Sanctuaire de Lagina, le grand centre religieux de la Carie, dédié à Hécate. Cette déesse anatolienne était la soeur jumelle de Leto. Elle régnait sur l’air, la terre et la mer, elle assistait aux enterrements et se chargeait des esprits des morts. Les oracles et les sorcières étaient ses prêtres. Durant les fêtes religieuses, une splendide procession rituelle portait la clé du Temple d’Hécate de Lagina à Stratoniceia.

Le Temple d'Hécate


Les séismes ont provoqué des plissements sur ce côté du temple

Le Temple d'Hécate et son pédiment

Le propylon (grand portail d’entrée)

Le propylon

Statue d'Hecate découvert sur le site de Lagina
 



CNIDE

Une superbe route panoramique qui domine le Golfe d'Hisarönü relie Marmaris à Datça et permet d'atteindre ce site antique. Située à la pointe de la presqu'île de Datça (cap Krio) dans un magnifique cadre naturel, Cnide (Cnide), une cité d’origine dorienne en Carie, faisait partie de la Confédération Dorienne avec Halicarnasse, Cos située sur l’île du même nom, Camiros, Lalysos et Lindos toutes trois situées sur l’île de Rhodes. Ensemble elles formaient l’Héxapole, en grec les "six cités". Celui-ci devint le Pentapole ou "les cinq cités" lorsque Halicarnasse fut exclue de la confédération car l'un de ses citoyens, Agasiclès, avait négligé de donner en offrande à Apollon le tripode qu’il avait gagné aux jeux de l’Héxapole. Les cités avaient un sanctuaire en commun, un temple dédié à Apollon appelé le Triopion situé sur le promontoire sur lequel se trouvait Cnide. Au VIe siècle av.J.C, Cnide était déjà une cité prospère et au IVe siècle av. J.C., elle était devenue une importante métropole cosmopolite. C'est durant cette période que les sculpteurs de renom Scopas et Bryxias travaillèrent à l'embellissement des nombreux temples de la cité. Epargnée par les Perses, disputée par les Athéniens et les Spartiates, elle fut occupée par Alexandre en 333 av. J.C.. Ce fut durant la période hellénistique (330-31 av. J.C.) que Cnide atteignit son apogée culturel, artistique et commercial.

Vers 350 av J.C. Praxitèle sculpta deux statues, l’une drapée et l’autre nue de la déesse de l’amour et de la beauté, Aphrodite. Le modèle qui posa pour Praxitèle était Phryne, une des plus célèbres “hetaerae”, ou courtisanes, de l’époque. Cos préféra la version drapée donc plus décente, alors que Cnide fit l’acquisition de la statue dédaignée de l’Aphrodite Nue, la première statue de nu féminin de la sculpture classique, dont la renommée assura l'immortalité de la cité. On ne connaît malheureusement que des copies de la statue de la déesse qui était exposée dans son temple. La description qui suit est tirée des “Amores”, attribuées au rhétoricien, satiriste et voyageur Lucien de Samosate (Samosate/ Commagène vers 125 – ? vers 192), et loue avec passion la statue :

« Nous nous arrêtâmes à Cnide, au Temple d’Aphrodite (Venus), où se trouve la célèbre statue faite par Praxitèle. Lorsque nous pénétrâmes dans l’enceinte du temple, nous ressentîmes l’ haleine caressante de la déesse nous envelopper. Le temple n’ avait pas été rendu stérile par des dallages mais représentait la fertilité comme il sied à Aphrodite. Les arbres fruitiers s’élevaient partout, formant une voûte dense. La myrte, son essence favorite, déployait ses branches chargées de baies.....Au milieu du temple se tenait la déesse – une superbe statue en marbre de Carie – laissant échapper un sourire légèrement hautain par ses lèvres entrouvertes. Son corps nu dévoilait et révèlait toute sa beauté, à l’ exception de ses parties intimes que cachait sa main. L’artiste, qui possédait une telle maîtrise de son art, avait réussi à rendre parfaitement chaque partie du corps dans le marbre dur.....Le temple avait deux entrées sur chaque côté pour ceux qui désiraient aussi examiner la déesse par l’arrière, ne manquant ainsi aucune partie de son corps. Quiconque pouvait donc facilement admirer la beauté de son dos. Ainsi nous décidâmes de découvrir entièrement la déesse. Lorsque la gardienne des lieux nous ouvrit la porte arrière, nous fûmes transportés par la beauté qui s’offrait à nous. »

Eudoxos, le fameux astronome et mathématicien élève de Platon et inventeur du cadran solaire horizontal, Ctesias le physicien qui séjourna à la cour du roi perse Artaxersès et qui écrivit "l’Histoire des Perses" et "l’Histoire de l’Inde", et Sostratos, l’architecte du célèbre Phare d'Alexandrie (une des Sept Merveilles du Monde) étaient tous originaires de la cité. Comme à Cos (où naquit Hippocrate), à Cnide se trouvait une école de médecine réputée.
En 129 av.J.C., Cnide fut rattachée à la province romaine d'Asie mais reçut le statut de "cité libre". Durant la période byzantine, Cnide souffrit beaucoup des invasions arabes et plus tard, de plusieurs tremblements de terre dévastateurs.

La cité était construite en partie sur le continent et en partie sur l’Ile de Tropion qui étaient anciennement reliés par une chaussée et un pont, et aujourd’hui par un isthme sablonneux étroit. Un canal reliait les deux bassins du port. Le bassin sud, qui était le plus grand, fut plus tard protégé par de puissants môles .
Les remparts hellénistiques, à la fois insulaires et continentaux, sont visibles à différents endroits, notamment autour de l’acropole.
Les ruines de la ville qui s’élevait en terrasses sur les flancs des collines, sont constituées par l’agora, le théâtre de la ville haute et le théâtre de la ville basse, l’odéon, Le Temple Circulaire (le Temple d’Aphrodite), le Temple de Dionysos, le Temple d'Apollon, le Temple de Demeter. La Statue de Demeter, découverte lors des fouilles exécutées par Sir Charles Newton en 1857-1858, fut envoyée au British Museum ainsi que la Statue Colossale du Lion, sculptée dans un seul bloc de marbre pentélique, qui couronnait le toit pyramidal d’un mausolée situé à 3 km au sud-est de la ville.



Port principal de commerce


Le théâtre Hellénistique de la ville basse dominait le grand
port, alors que l'autre théâtre était situé dans la ville haute.

La ville était construite sur les flancs des collines
en terrasses s'étageant jusqu'à la mer

 Ruines du Temple d'Apollon et du Grand Autel.
Le port militaire à l'arrière plan.

Le Temple Circulaire abritait la statue d'Aphrodite.
La cella du Temple Circulaire (Tholos) était entourée
de colonnes couronnées de chapitaux corinthiens.

La stoa, un long portique couvert,
bordait une rangée de magasins.



Cadran solaire


Aphrodite nue de la période hellénistique tardive
(Ier siècle av. JC) provenant du Tumulus
de Dardanos (musée de Çanakkale)
 



DATÇA

Datça est un petit port - station balnéaire situé au sud de la Péninsule de Datça qui crée une limite naturelle entre la Mer Egée au nord et la Mer Méditerranée au sud. Datça, qui se trouve à 75 km de Marmaris, y est reliée par une route panoramique sinueuse surplombant le Golfe de Hisarönü où les belles plages des villages de vacances confortables sont baignées par des eaux claires. Autour de la marina de Datça, les bars, cafés, restaurants et boutiques attirent les touristes, mais il ne faut pas manquer le vieux Datça avec ses anciennes maisons en pierre restaurées.
Datça est la ville la plus proche (38 km) du site antique de Cnide situé à l’ extrémité de la péninsule.
Un ferry quotidien relie Datça (depuis le port de Körmen situé à 10 km de Datça du côté nord de la péninsule) à Bodrum. Des hydrofoils relient Datça à Rhode via la petite île grecque de Symi située juste en face.


Golfe de Hisarönü
Datça
 




MARMARIS

Marmaris est une jolie et importante station balnéaire située dans une magnifique baie entourée par des montagnes qui plongent dans les eaux bleues et couvertes de forêts de pins. Le miel local de pin, appelé "çambali", est délicieux et très réputé.

L’antique Physcos était une étape importante sur la route Anatolie-Rhodes-Egypte. La ville moderne de Marmaris s'est développée autour de la forteresse ottomane construite par Soliman le Magnifique très probablement après la campagne de Rhodes menée en 1522. A l’ entrée de l’étroite rue en escalier qui monte à la forteresse, se trouve un caravansérail de la même période portant une inscription datée de 1545. La forteresse fut en partie détruite par des boulets de canon envoyées depuis un navire de guerre français en 1914 pendant la Première Guerre Mondiale. La forteresse a été restaurée entre les années 1980 et 1990 et ouverte au public en tant que Musée de Marmaris. Le musée comprend une section archéologique où sont exposés des objets mis au jour durant les fouilles menées à Hisarhönü, Cnide et Burgas près de Datça, une section ethnographique et une galerie d’ art. Les vieilles maisons, situées dans l’enceinte de la forteresse, ont été également toutes restaurées.

Le Festival International de la Navigation de Plaisance a lieu chaque année en mai à Marmaris, le Festival de Marmaris en juin et le Festival International de Courses de Voiliers en novembre.
Marmaris (Dalaman) est doté d'un aéroport de lignes intérieures et internationales. Des hydrofoils relient Marmaris à l'île grecque de Rhodes. Des ferries relient Marmaris à Venise.


Marmaris est un bon point de départ pour explorer la région où foisonnent les sites archéologiques (comme Saranda, Erine, Castabus, Amos, Bybiassos, Thymnus, Burgaz, Loryma), la superbe baie dotée de plages de sable et le village de Turunç (qui peut être atteint aussi bien par la route que par la mer) avec ses restaurants de poissons. Le port de Marmaris est également un excellent point de départ pour des " croisières bleues" à l'est vers Ekincik, le Golfe de Fethiye et Göcek, Fethiye et plus loin le long de la côte lycienne, ou à l’ouest vers la Péninsule de Bozburun, le Golfe d’Hisarönü et la Péninsule de Datça.




L’ILE DE CEDRE (SEDIR ADASI)

Située au fond de la Baie de Gökova, l’Ile de Cedrae (l’antique Cedrae) est un endroit intéressant à visiter tant sur le plan archéologique que sur le plan géologique.

En venant de Marmaris, il est possible de se rendre sur l’île en bateau depuis Gökova-Akyaka ou depuis Çamliköy.
Les ruines des nombreuses tours en pierres de taille régulières, le temple d’Apollon et une église, le théâtre bien conservé, l’agora et le port constituent les vestiges de la ville antique.
Le sable sur le rivage de l’île est d’un intérêt tout particulier. Le carbonate des eaux de source qui s’écoulent dans la mer, enveloppe les fines particules de sable, formant ce que l’on appelle l’oolite ou la pisolite selon leur grosseur. Dans la région de Ula, le carbonate de calcium s’accumule en fines particules avec chaque mouvement des vagues, et l’adduction de ces particules de carbonate augmente. Ce phénomène est unique à l’intérieur de la zone climatique entourant la Turquie et dans les mers environnantes.
Il semblerait que la beauté de Cléopâtre serait due aux propriétés de ce sable. C’est la raison pour laquelle l’île est également appelée Ile de Cléopâtre.


 




DALYAN ET KAUNOS

La charmante petite ville touristique de Dalyan se trouve sur la rive gauche de la rivière Dalyan (Dalyan Çayi), un cours d'eau qui serpente parmi les roseaux depuis le Lac de Köyçeyiz jusqu'à la mer. Le lac se rétrécissant en un canal se jete dans la rivière Dalyan qui débouche dans la mer à la plage d’Iztuzu, une des plages les plus spectaculaires de Turquie. La plage d’Iztuzu, devenue un site protégé, est l'endroit où l’ espèce des tortues de mer Caretta Caretta viennent pondre leurs oeufs. Une agréable et dépaysante promenade en bateau, depuis Dalyan jusqu'à la mer (ou dans le sens inverse pour ceux qui sont en croisière), est la meilleure façon de découvrir tout le site ainsi que l'ancienne cité lycienne de Caunos située sur la rive droite où l’on y verra les remparts hellénistiques, les très beaux tombeaux rupestres lyciens ainsi que le théâtre très bien conservé et quelques autres ruines.
D’après les "Métamorphoses" d’Ovide, l’histoire de la fondation de Caunos se serait passée comme suit : Milet, le fils de Phoebus (Apollon) et fondateur de la ville de Milet, s’unit à la nymphe Cyanée, la fille du dieu des fleuves Méandre, qui donna naissance aux jumeaux Byblis et Caunos, tous deux d’une très grande beauté. Byblis s’éprit d’un amour incestueux pour son frère Caunos et le lui avoua dans une lettre. Caunos, horrifié, la rejeta. Fuyant sa soeur, il vint dans cette partie de la Carie et fonda la ville de Caunos. Quant à Byblis, elle le poursuivit dans sa fuite mais ne put le trouver. Elle pleura toutes les larmes de son corps et allait mourir de chagrin et d’épuisement, lorsque des nymphes la transformèrent en fontaine.
Caunos était une ville riche mais elle acquit une mauvaise réputation car ses habitants contractaient la malaria qui était très répandue du fait de la prolifération des moustiques. Le déclin de Caunos, qui autrefois se trouvait au bord de la mer, fut causé par l’envasement progressif de son port, ce qui le rendit dangereux pour les bâteaux. Petit à petit, la population locale revint à la vie de village et à la pêche, tout comme aujourd’ hui. Le mot turc "dalyan" signifie "pêcherie". La rivière est criblée de structures en bois tendues en travers afin de prendre au piège les mulets gris lorsque qu’il redescendent vers la mer après avoir frayé dans les eaux fraîches du Lac de Köyçeyiz.
Dalyan et Köyçeyik sont également réputées pour leurs bains de boue et leurs bassins d’eaux chaudes sulphureuses aux propriétés thérapeuthiques (rhumaismes, foie, système nerveux, nettoyage et embellissement de la peau), utilisés depuis la période hellénistique.

 


FETHIYE

Fethiye est située à 50 Km de l’aéroport de Dalaman, dans une région qui est devenue très populaire pour ses plages et le tourisme de croisière. La ville elle-même est une agréable station balnéaire avec de nombreuses possibilités d’hébergement et une importante marina au bord d’une superbe baie où sont éparpillées de petites îles. La baie est elle-même située dans le Golfe de Fethiye où se trouvent douze îles et d’innombrables criques toutes plus belles les unes que les autres, et qui sont des abris idéaux pour les bâteaux durant la "croisière bleue". Il est également possible de se rendre dans ces îles lors d’excursions journalières au départ de Fethiye ou de Göcek.


Golfe de

Fethiye
Fethiye s’est développée à l’emplacement de l’antique Telmessos qui prit le nom du fils d’Apollon. La ville fut prise par le roi perse Harpagos et annexée à la Carie. Au IVème siècle av. J.C., le souverain lycien Périclès assiègea les habitants et leur imposa ses conditions. La ville, qui ne faisait pas partie de la Lycie, conclut un traité de paix avec Alexandre le grand et passa aux mains de ses successeurs, les Ptolémées ainsi que les descendants de Lysimaque. En 189 av. J.C., Telmessos fut offerte par les Romains à Eumènes de Pergame, et la ville resta la propriété du Royaume de Pergame jusqu’à sa disparition en 133 av. J.C.. Telmessos fut alors inclue dans la province romaine d’Asie. Vers la fin du Ier siècle av. J.C., Telmessos devint finalement membre de la Ligue Lycienne et dès lors partagea le destin des autres cités lyciennes. Suite aux invasions arabes, au VIIIe siècle le nom de la ville fut changé en Anastasiupolis en honneur à l’empereur byzantin Anastase II. En 1284, la ville fut prise par les Menteseogullari qui la nommèrent Megri ou Makri, et elle fut incorporée à l’Empire Ottoman en 1424.
En 1934, la ville prit finalement le nom de Fethiye en commémoration du pilote turc, Fethi Bey qui perdit la vie en 1914 dans le premier accident de l'histoire de l'aviation turque.
Il ne reste que peu de vestiges de l'antique Telmessos. Le théâtre, situé près du quai de la nouvelle Fethiye, et le Temple d’Apollon qui, selon Charles Texier, était encore debout dans les années 1850, furent détruits par les deux tremblements de terre de 1856 et 1957. Le chateau médiéval, situé sur l’acropole, fut utilisé par les Chevaliers de Rhode. Il est entouré par un mur dont la partie inférieure est romaine et la partie supérieure médiévale.
Parmi la vingtaine de tombeaux lyciens creusés dans la paroi de la montagne surplombant la ville, le plus beau est celui de Amyntas, un des lieurenants d’ Alexandre resté là pour gouverner la région, qui date du IVe siècle av. J.C.. Il a la forme d'un temple avec deux colonnes ioniques entre les pilastres. La plupart de ces tombes rappellent les maisons lyciennes en bois. Quelques sarcophages lyciens sont dispersés dans la ville.

Le Musée Archéologique de Fethiye expose de très importantes pièces provenant des fouilles faites dans les nombreuses villes antiques de la région. Une des pièces les plus importantes du musée est la stèle trilingue de Letoon avec des inscriptions en grec, lycien et araméen, ce qui est crucial pour le déchiffrage de la langue lycienne.



Tombe d' Amyntas

Tombe lycienne au milieu d'une rue

Kaya köy est un village fantôme situé à environ 18 kilomètres au sud de Fethiye, près de Hisarönü. Le village (l’antique Karmylassos) fut déserté en 1925 par ses habitants grecs après l'échange de population suite à la fondation de la République Turque. Les Turcs venus de Grèce ne purent s’adapter aux maisons et construisirent leurs propres maisons plus bas dans la plaine. Ainsi le village fut abandonné deux fois en peu de temps, et par les Grecs et par les Turcs. L’église du village qui pense-t’on daterait du XVIIe siècle, fut restaurée en 1888. Les fresques furent recouvertes de plâtre par les Turcs qui utilisèrent le bâtiment comme mosquée durant quelques temps.

Fethiye est le point de départ de nombreuses excursions en bateau comme par exemple :

- les Douze Iles : Sövalye Adasi, Kizil Ada, Deliktas Adasi,Tavsan Adasi, Katrancik Adasi, Göcek Adasi, Yassica Adalari, Haci Halil Adasi, Seytanli Ada, Tersane Adasi, Domuz Adasi.

- le village de Kargi célèbre pour ses arbres.

- la crique de Katranci.

- la Vallée des Papillons est un canyon aux parois abruptes ou l'on peut y voir une espèce de papillons appelée "Tigre de Jersey" qui évolue içi entre juillet et septembre.

- la Mer Morte ou Lagon bleu (Ölü Deniz) que l’on peut atteindre soit en bateau, soit par la route (17 km de Fethiye). Ce lagon abrité d'une grande beauté avec ses nuances de bleu et vert, est presque complètement coupé de la mer. A côté s’étend la très belle plage de sable fin bien équipée de Belcegiz. D’agréables hôtels sont nichés dans la luxuriante verdure environnante. L’endroit est idéal pour pratiquer les sports nautiques et le parapente depuis le Mont Babadag qui s’élève à 1975m.


Ceux qui se rendent à Ölü Deniz par la mer peuvent jeter l’ancre à l’Ile de Gemiler également connue sous le nom d’Ile St Nicolas en raison de l’une des églises qui porte le nom du saint qui vécut ou séjourna quelques temps içi. L’endroit est, comme l’Ile de Karacaören, rempli de vestiges romains et byzantins. Suite au tremblement de terre de 240 ap. J.C., l’île s’enfonça quelque peu dans la mer, et certaines ruines, comme celles d’un quai et d’un entrepôt, sont partiellement submergées. Jusqu’au XIIe siècle, l’île fut un port d’escale important en particulier pour les pélerins se rendant en Terre Sainte en Palestine. Sur l’île, du sommet de laquelle le panorama sur les alentours est fantastique, on verra les vestiges de nombreuses églises, tombes, petites maisons, des mosaiques qui recouvraient les sols, et un long tunnel.

Dans les environs de Fethiye se trouvent de nombreuses villes antiques telles que Krya, Cadyanda, Pinara Tlos, Xanthos, Letoon and Patara.

Tlos (Yakaköy), qui est située à 36 km au sud de Fethiye, était une des six cités principales lyciennes. Une hâche découverte à Tlos et datant de 2 000 av. J.C., fait de Tlos une des plus anciennes citées de Lycie. A Tlos, on remarquera les tombes en formes de temple creusées à flanc de la colline de l’acropole. La tombe la plus intéressante comporte un bas-relief du héro Bellérophon chevauchant Pégase : la légende mythologique raconte que le roi de Lycie envoya, pour le punir d’ une histoire d’amour douteuse dans laquelle il était impliqué, le galant Bellérophon tuer la chimère. La fille d'Echidna et de Typhon était une créature à trois têtes avec l’avant du corps qui ressemblait à un lion, le milieu à une chèvre et la queue à un dragon. Elle crachait du feu et terrorisait la région. Aidé par Athéna, Bellérophon captura Pégase, monta le cheval ailé et attaqua la chimère. Ayant enfonçé la pointe plombée de sa lance dans la gueule du monstre, le plomb fondit et étouffa la créature. Bellérophon la renvoya sous terre où elle crache toujours du feu sur les hauteurs d’Olympos !

Couronnant l’acropole s’ élève une citadelle qui fut habitée au XIXème siècle par "Kanli Ali Aga", ou "Ali le chef sanguinaire", un seigneur turc notoire. La vue depuis le haut est spectaculaire. Les sarcophages lyciens se trouvent à l’intérieur des murs d’enceinte de l’acropole, alors que la plupart des bâtiments principaux sont à l’extérieur : les vestiges du stade, de la palestre et du gymnase à proximité des magnifiques thermes à la terrasse circulaire, de la basilique byzantine, de l’agora, du théâtre et d’une tour romaine, ainsi que des sarcophages de différentes époques.

A 44 km de Fethiye, dans les montagnes Akdaglar se trouve le Canyon de Saklikent. Ce canyon de 18 km de long, avec son torrent qui dévale les pentes, est un merveilleux endroit raffraîchissant durant l’été. On peut y faire du trekking et déjeûner dans des restaurants rustiques qui servent des truites. Dans le village d’Arsa (l’antique Arsada), se trouvent des tombes et des sarcophages lyciens.