LE PARC NATIONAL DE BO?AZKALE - ALACAHÖYÜK

Les trois sites hittites principaux de Hattu?a, Yazylykaya et Alacahöyük sont situés dans la province de Çorum dans le Parc National de Bo?azkale - Alacahöyük, à environ 208 km au nord-est d'Ankara. Chacune de ces cités-sanctuaires ont joué un rôle important dans l'histoire hittite.
 




ALACAHÖYÜK

Le site d'Alacahöyük est situé à 34 km au nord de Bo?azkale. Les fouilles ont mis à jour quatre niveaux, témoignages de quatre cultures différentes depuis la période chalcolithique (milieu du IVe millénaire). Treize tombes royales de la période du Bronze Ancien (vers 2300 av. J.C.) ont été découvertes. Elles contenaient des objets en or, argent, electrum et en bronze tels que des statuettes, de la vaisselle rituelle, des bijoux et accessoires, des armes, ainsi que des étendards rituels en forme de disques solaires. Les plus belles pièces sont exposées au Musée des Civilisations Anatoliennes à Ankara.




Idoles Jumelles en or

Etendard rituel en bronze
IIe moitié du IIIe millénaire


La première capitale des envahisseurs Hittites semble avoir été Ku?ara (ou Arinna) qui, selon de nombreuses inscriptions hittites, a été identifiée comme étant Alacahöyük. Vers la fin du XIXe siècle av. JC., les princes de Ku?ara montrèrent leur suprématie sur les autres peuples installés en Anatolie: le roi Pithana et son fils Anitta vainquirent les rois de Hattu?a qui devint la nouvelle capitale des Hittites à partir du XVIIIe siècle av. JC.. Vers 1200, après que l'Empire hittite fût decimé, les "Peuples de la Mer" s'installèrent sur les ruines des cités hittites du nord de l'Anatolie qu'ils avaient détruites. A la période phrygienne Ku?ara déclina rapidement, atteignant la taille d'un petit village toutefois habité jusqu'à la période ottomane.
Durant la période hittite, la cité était protégée par de puissantes fortifications percées de portes monumentales dont la plus impressionante est la Porte des Sphinx qui ouvrait au sud. Un petit musée expose des pièces des différentes époques des fouilles exécutées sur place et dans la région.




 




HATTUŞA

Vers la fin du XIXe siècle av. J.C., la suprématie des Hittites s'affirma sur les autres peuples d'Anatolie grâce aux princes de Ku?ara (Alacahöyük), les rois Pithana et son fils Anitta. Ce dernier conquit la cité de Hatti qui devint plus tard Hattu?a (aujourd'hui Bo?azkale). C'est le roi hittite Labarna II qui fit de Hattu?a la capitale de cet Ancien Empire au XVIIIe siècle, prenant en cette occasion le nom de Hattu?ili Ier. Après avoir atteint son apogée sous le règne de ce roi et sous celui de son successeur Mursili Ier, l'Empire déclina puis connut un regain sous le règne de Suppiluliuma au XIVe siècle. Le Nouvel Empire prit brutalement fin vers 1200 av. J.C. avec l'invasion des Peuples de la Mer.
La cité exerça une influence considérable en Anatolie et dans le nord de la Syrie au IIe millénaire av. J.C.
Hattu?a est inscrite par l'UNESCO au Patrimoine Mondial de l'Humanité.

La ville basse et le Grand Temple consacré au dieu hurrite de l'orage Teshub, qui devint le grand dieu hittite.

La ville haute Büyük Kale
, la citadelle et ses double remparts, où gisent les ruines des palais, des temples, des archives de l'Etat hittite où furent découvertes de nombreuses tablettes inscrites, des magasins.

La Porte Royale
, dans les remparts, comporte une voûte en encorbellement.

Les Trois Temples
.

Yerkapy
est un passage souterrain débouchant à l'extérieur, au pied de la muraille.

La Porte des Lions
qui est l'un des ouvrages les mieux préservés.



 






YAZILIKAYA


A proximité de Bo?azkale se trouve le sanctuaire rupestre hittite de Yazylykaya (qui veut dire en turc "la roche écrite"). Il fut aménagé à l'époque du Nouvel Empire dans un cirque rocheux formant des galeries ou d'étroits défilés dont les parois sont recouvertes de bas-reliefs. Il ne reste que le tracé du temple mais le sanctuaire comporte deux intéressantes galeries:
La Grande Galerie est un panthéon hittite comprenant 56 bas-reliefs accompagnés de textes hiéroglyphiques les expliquant et les identifiant.. La galerie aboutissait au Grand Temple.
La Petite Galerie possède la frise la mieux conservée représentant les dieux hittites.
 




SİVAS

Située dans la large vallée du Kyzylyrmak (l'antique Halys) à 1275 m d'altitude, Sivas est la ville la plus haute du plateau d'Anatolie Centrale. Bien que des fouilles effectuées sur le tertre appelé Toprak Tepesi aient révélé des traces d'implantation hittite et outre le fait que la région ait été sous domination phrygienne, lydienne et perse puis inclue dans les frontières du Royaume de Cappadoce, peu de choses nous sont connues sur l'histoire de Sivas avant la période romaine, lorsque la ville de Sébaste fut fondée en l'honneur de l'Empereur Auguste vers la fin du Ier siècle avant J.C.. En raison de sa situation à la jonction des grandes routes caravanières est-ouest et nord-sud, la ville devint une métropole commerciale importante. Le christianisme s'y développa au IIe siècle, mais au début du IVe siècle, les chrétiens subirent la tyrannie de l'Empereur Licinius à qui est associée l'histoire des Quarante Martyrs de Sébaste. Durant la période byzantine, Sébaste devint un évêché. Au VIe siècle, Justinien fit renforcer les remparts mais cela n'empêcha pas que la ville soit occupée temporairement par les Perses Sassanides à la fin du VIe siècle, et par les Ommeyades au VIIe siècle. L'Empire Byzantin s'étant évertué pendant longtemps à assujettir les petits royaumes arméniens bordant ses frontières, en 1021, le Roi Sénékérim Hovhannès du Vaspourakan (région de Van), également inquiet par les incursions des Turcs Seldjoukides dans les territoires byzantins de l'est de l'Anatolie, céda ses terres à l'Empereur byzantin Basile II, recevant en échange Sébaste, une zone plus sûre où vivait une importante population arménienne. Cependant, le nouveau royaume ne dura qu'un demi siècle à cause du désir des Byzantins d'étouffer la vie politique des Arméniens et de l'intolérance du clergé grec qui réclamait la conversion des Arméniens à la foi orthodoxe grecque: les fils du Roi Sénékérim furent tués (tout comme les souverains Bagratides de Kars) à Sébaste en 1080, et leurs biens furent rattachés à l'Empire.
Suite à la Bataille de Manzikert en 1071, les Byzantins perdirent leurs provinces anatoliennes en faveur des Turcs Seldjoukides. Durant une grande partie du XIIe siècle, Sébaste, renommée Sivas, demeura la capitale du puissant émirat des Turcs Dani?mend. En 1171, la ville fut incorporée au grand Etat seldjoukide par Kylyç Arslan II. Le Sultan Alaaddin Keykubad Ier (1220-1237) fit ériger des fortifications autour de la ville qui n'était plus protégée. Sivas s'épanouit politiquement et commercialement et devint un centre culturel réputé, se dotant de très beaux monuments. Après avoir été prise par les Mongols au XIIIe siècle, la ville fut dirigée par des gouverneurs Ilkanides dont les Eretnao?ullary qui déclarèrent rapidement leur indépendance. Leur jeune et dernier leader, Mehmet Bey, fut renversé par Kady Burhâneddin (1381-1398) appartenant aux Karamano?ullary, qui fonda son propre état. Lorsqu'il fut tué lors d'une bataille contre les Akkoyunlular (les Moutons Blancs), la population locale et son leader Alaeddin décidèrent de livrer Sivas au Sultan ottoman Bayezit Ier de façon à se libérer du joug des Karamanides. En 1400, le mongol Tamerlan détruisit les murs et saccagea la ville qui déclina considérablement.
Bien qu'elle ne retrouva jamais sa prospérité d'antan, Sivas fut une importante capitale de province sous l'Empire Ottoman. A partir du XIXe siècle, avec le développement du chemin de fer, la ville acquit une nouvelle importance économique.
Suite au Congrès d'Erzurum, entre le 4 et le 11 septembre 1919, Sivas accueillit le second congrès nationaliste, sous la présidence de Mustafa Kemal, durant lequel fut décidée la libération de la Turquie par la Guerre d'Indépendance.

Sivas est reliée par des vols réguliers à Istanbul et Ankara.

A voir dans la ville:

Gök Medresesi (le Medrese Céleste), situé sur la Cumhuriyet Caddesi, fut construit en 1271 par le vizir Sahip Ata durant le règne de Giyaseddin Keyhüsrev III. Son plan, ses proportions et sa décoration font de lui le plus développé de tous les medreses seldjoukides. Le plan est celui du medrese traditionnel à quatre iwans autour d'une cour. Le portail central, très décoré, est flanqué sur chaque côté par un minaret en briques rouges décoré de faiences bleues.


Çifte Minareli Medrese
(le medrese aux deux minarets) fut construit sur la demande du gouverneur mongol ilkanide ?emseddin Mehmet Cüneyt en 1243. Le medrese ne servit pas seulement comme école coranique, mais aussi à dispenser des cours de droit islamique. En 1882, le mderes, en piteux état, fut démolli partiellement et l'iwan principal fut transformé temporairement en hôpital, puis servit comme école militaire. Entre 1914 et 1960, il fut utilisé comme école primaire avant d'être entièrement rasé à l'exception de la façade avec son beau portail et ses deux minarets qui fut renforcé par des arcs boutants.
Ce medrese et les monuments suivants sont situés à proximité les uns des autres.






İtfaiye Medresesi fut construit en 1217-1218 à la demande du Sultan seldjoukide Yzeddin Keykavus Ier qui aimait beaucoup la ville de Sivas. Le medrese, utilisé en tant qu'hôpital (darü??ifa en Turc) et école de médecine, était le plus grand en son genre en Anatolie. Les patients souffrant de maladies oculaires, internes et de peau étaient soignés dans ce centre. En outre, une thérapie basée sur la musique, la foi et la suggestion jouait un rôle important dans le traitement des troubles psychiatriques.
Lorsque Yzeddin Keykavus Ier mourut jeune de la tuberculose en 1220, il fut enterré dans l'iwan sud du medrese selon ses dernières volontés ( les tombes des sultans seldjoukides se trouvent à Kayseri et à Konya). La tombe du sultan est une chambre carrée surmontée par une coupole conique, dont la base est décagonale, s'élevant au-dessus des murs de l'ancien l'hôpital. La décoration géométrique des briques rouges et des faiences de la façade et de l'intérieur contraste avec la décoration en pierre de l'hôpital. Des inscriptions en écriture coufique au dessus de l'entrée mentionnent le nom de Ahmet de Marand, le maître artisan originaire d'Azerbaidjan, auteur de la décoration de faiences, ainsi que la date d'achèvement qui est 617 H. (1220). En plus de celui du Sultan Yzeddin Keykavus Ier, douze autres sarcophages, appartenant à des membres de sa famille, se trouvent à l'intérieur du monument. L'ancien hôpital-medrese abrite à présent des boutiques d'artisanat et un café.
Buruciye Medresesi est un autre medrese construit du temps de Giyaseddin Keyhüsrev III en 1271-1272 par Muzaffer Burucerdi (Bouroudjerdi). Le splendide travail de la pierre fait de ce medrese l'un des plus beaux exemples de l'architecture seldjoukide. Le Buruciye Medresesi, qui est en temporairement en restoration, abrite le Musée Archéologique.

Ulu Cami (la Grande Mosquée), la plus ancienne mosquée de la ville, a été construite par Kyzyl Arslan bin Ibrahim en 1196-1197 sur un plan rectangulaire. De l'extérieur, la salle de prière apparaît longue et basse, ceci étant dû à son plafond plat supporté par des poutres en bois reposant sur des pilliers en pierre. Le minaret date de la première moitié du XIIIe siècle et possède une base octogonale décorée d'une inscription coufique en faiences turquoises.

Le Musée Atatürk et du Congré
: le bâtiment, un lycée construit en 1892 par le gouverneur Mehmet Memduh Bey, est un bel exemple de l'architecture civile ottomane de la fin du XIXe siècle. La grande salle de l'école fut attribuée à Mustafa Kemal et à ses amis qui en firent leurs quartiers généraux où allaient se tenir les réunions du Congrès de Sivas entre les 4 et 11 septembre 1919. Le bâtiment servit d'école jusqu'en 1981 et, en 1984, fut transformé en musée exposant des documents sur la Guerre d'Indépendance et le Congrès de 1919. Le musée comprend également une section ethnographique au rez de chaussée. Le musée est situé sur la Istasyon Caddesi.
(Fermé le lundi)

Toprak Tepesi est une colline artificielle d'où l'on a une belle vue sur la ville. Elle était autrefois surmontée d'une citadelle romaine qui fut restorée par les Byzantins, les Seldjoukides et les Ottomans. Des restes d'habitations hittites y furent mis à jour.


 




KANGAL

Kangal est réputé pour ses sources thermales, appelées "Balykly Kaplyca", un centre de traitement du psoriasis et des maladies de peau unique au monde. Les sources, riches en minéraux et connues pour leurs bienfaits curratifs, sont remplies de deux sortes de poissons guérisseurs dont la taille n'excède pas 19-20 cm. Les Cyprinion macrostomus macrostomus qui agissent en tant que "déchireurs" (ce sont les plus petits) repèrent les plaies et les mordillent, et les Garra rufa obtusa qui agissent en tant que "nettoyeurs" et avalent les tissus morts (ils ont des machoires plus puissantes) sont de la famille des cyprinidés (carpes). Ces poissons omnivores, qui se nourissent de phytoplancton et de zooplancton qui n'existent qu'en petite quantité dans les bassins, ne grossissent pas du fait qu'ils vivent dans des eaux chaudes à 37 degrés.
Des recherches scientifiques ainsi que l'observation des patients ont montré que cinq facteurs principaux entrent en jeu dans la guérison du psoriasis au centre thermal: séjourner dans les bassins deux fois par jour à raison de 8 heures au total, afin d'être en contact physique avec les poissons qui " nettoient " complètement les parties malades de la peau; boire l'eau curative qui contient une forte concentration en sélénium dont les bienfaits sont connus pour la peau et qui se révèle être très efficace dans le traitement des maladies cutanées; l'avantage d'être en altitude (1650 m) et de profiter de l'effet direct de la radiation des rayons ultraviolets naturels; l'effet jacuzzi naturel dû aux sources qui se déversent dans les bassins; le Phénomène Koebner Inverse (le Phénomène Koebner est une réaction aux lésions de la peau qui apparaissent souvent chez les sujets atteints de psoriasis ou de certaines autres maladies).
Au cours des trois semaines de thérapie recommendées, il est préférable de ne pas consommer d'alcool, dont la consommation n'est d'ailleur pas autorisée dans l'enceinte publique du centre. Il faut apporter avec soi serviettes, chaussons et peignoir de bains qui ne sont pas fournis sur place.
L'établissement thermal, ouvert toute l'année, offre aux patients des installations simples mais bien équipées. Pour la thérapie, il y a des bassins de traitement séparés pour hommes et pour femmes, des bassins de traitement couverts, des sections sans poissons ainsi que des bains privés. Egalement, un bassin à usage public est réservé aux personnes de passage désireuses de s'immerger dans les eaux thermales.
D'après de nombreux rapports, il s'avère que l'eau est également bénéfique en cas de rhumatismes, troubles neurologiques (névralgies, névrites, paralysie), séquelles orthopédiques et traumatologiques (fractures, traumatisme des articulations, maladies des muscles), problèmes gynécologiques (en lavements), urolithiase (par voie orale), et troubles
psychosomatiques.

Balykly Kaplyca est situé à 13 km de kangal et 98 km de Sivas.


L'établissement hôtelier du centre

Les poissons dans leur environment naturel


L'un des bassins de traitement


Les poissons essayent de localiser des parties malades en mordillant mes jambes et mes pieds. Heureusement je ne suis pas atteinte de psoriasis, je fais juste l'expérience du contact avec les poissons: c'est en fait une sensation très agréable!

La région de Kangal est également réputée pour son ancienne race de grand chien de berger, le Kangal (ou Sivas Kangal), le chien national turc qui a fait ses preuves de loyauté et d'efficacité. Ce chien puissant a une robe douce et fournie qui va de la couleur crème au brun clair et au brun grisâtre, et il se distingue par son museau et ses oreiles noires. Le Kangal vit en couple pour la vie. Lorsqu'il garde les troupeaux de moutons ou de chèvres, le Kangal porte un collier à pointes autour du cou pour parer les attaques des loups et des ours contre lesquels il peut facilement se battre.




 




DİVRİĞİ


L'ancienne Téphriké, place forte d'origine byzantine, fut conquise par les Turcs seldjoukides à la fin du XIe siècle. En 1228-1229, l'émir Ahmet Shah fit construire une magnifique mosquée contenant une seule salle de prière couronnée par deux coupoles, et un hôpital qui lui est contigu. Une haute technique de construction de voûte, ainsi qu'un type de sculpture décorative d'une grande créativité et d'originalité (en particulier le travail extraordinaire de la pierre du portail nord, contrastant avec les murs intérieurs sobres) sont les caractéristiques uniques de ce chef-d'oeuvre de l'architecture islamique.
Le monument est inscrit par l'UNESCO au Patrimoine Mondial de l'Humanité.