LES ILES DES PRINCES



Cet archipel se compose de neuf îles (Adalar) situées dans la Mer de Marmara. Quatre de ces îles (Burgaz, Heybeli, Büyükada et Sedef) sont desservies par des lignes régulières de bateaux depuis Sirkeci à l'entrée de la Corne d'Or, Kabatas et également depuis Bostanci (le point le plus près des îles) sur la côte asiatique.
A l'époque byzantine, quelques monastères furent bâtis sur ces îles couvertes de pins. Le nom "Princes" vient des princes prétendant au trône qui y furent envoyés en exil. Les Turcs ne commencèrent à s'y installer qu'à la fin du XIXe siècle. Les bateaux à vapeur facilitèrent l'accès aux îles, et la population s'y accrut rapidement lorsque écoles et hôtels y furent construits. En 1929 Léon Trotsky, à qui la Turquie donna le droit d'asile, passa quatre années à Büyükada.
Les quartiers résidentiels se sont surtout développés autour des quais et sur les côtés situés face
à Istanbul.
La circulation automobile est interdite dans ce lieu de villégiature et de résidence. Des calèches (phaétons) sont utilisées pour le transport et les promenades des visiteurs. En été et au printemps, il est très agréable de faire le tour en calèche de Büyükada, qui est la plus grande île, et de manger du poisson dans l'un des nombreux restaurants sur les quais.
Plan 1



 


AUTRES BALADES
 
Le Quartier de Galata est situé au nord de la rive gauche de la Corne d'Or. Le village, qui était déjà habité avant l'ère chrétienne, fut d'abord connu sous le nom de Sycae ou Sykai (le champ de figues), et de par sa situation sur la rive opposée, les habitants de Byzance la dénommèrent aussi Peran en Sykais, qui veut dire "le champ de figues de l'autre côté". L'endroit fut fortifié par Constantin le Grand (306-337), et plus tard il fut annexé à Constantinople par Théodose II (408-450). Au VIe siècle, l'endroit fut appelé Justinianopolis par l'Empereur Justinien (527-565), mais il ne garda ce nom que très peu de temps, caril était évident qu'il ne pouvait prévaloir sur Constantinople. Le nom de Galata a été mentionné pour la première fois avec l'arrivée des premiers colons Génois. Il semblerait que le nom dérive du mot "gala" qui signifie "lait" en grec (de nombreuses laiteries existaient dans les alentours), mais il n'est pas impossible que le nom provienne d'un mot de dialecte génois signifiant "pente". Galata commença à devenir florissante avec l'arrivée d'un grand nombre de colons génois et vénitiens qui étaient antagonistes car ils s'affrontèrent pour le monopole du commerce intérieur et extérieur de Constantinople. Tour à tour, ils firent des alliances avec les Byzantins. Après 1261, en récompense de leur aide pour avoir procuré des navires de guerre afin de reprendre Constantinople des mains des Latins de la Quatrième Croisade, l'Empereur Michel VIII Paléologue accorda aux Génois le droit de s'intaller de façon définitive à Galata.
Vers 1348, ils entourèrent leur quartier de fortifications et construisirent la Tour de Galata, remplaçant ainsi une ancienne, qu'ils utilisèrent pour la surveillance du port de la Corne d'Or. Galata demeura une ville indépendante jusqu'à la conquête ottomane. Les Génois passèrent sous la protection de Mehmet le Conquérant et furent autorisés à rester à Galata et garder leurs privilèges, mais les fortifications furent en partie supprimées. Le sultan fit également de Galata une zone d'habitation pour les communautés grecque, arménienne et juive.
La Tour
, à laquelle les Ottomans ajoutèrent deux étages, fut transformée en prison. Plus tard, ils l'utilisèrent comme tour de guet afin de détecter les incendies dans la ville, car ils préféraient construirent leurs maisons en bois car elles étaient plus résistantes en cas de tremblement de terre (mais pas en cas d'incendie).
En 1638, Hezarfen Ahmet Çelebi réussit à voler de la tour avec des ailes artificielles et attérit à Üsküdar de l'autre côté du Bosphore.
La tour, qui comprend 12 étages, fait 61 m de haut, 8,95 m de diamètre et l'épaisseur de ses murs est de 3,75 m.

La tour a été ouverte au public en 1967 et un ascenseur a été ajouté à l'intérieur. Dans les années 1980, elle a subit une restauration complète. Dans la journée, les visiteurs peuvent jouir de la merveilleuse vue sur la ville depuis le dernier étage de la tour (ouverte tous les jours de 08.30 à 20.00), et le soir il est possible de dîner au restaurant panoramique où danses du ventre et spectacle folklorique sont proposés dans une ambiance typique.


Peu après la conquête de Constantinople par les Ottomans, le quartier de Galata devint trop étroit à cause de sa population dense. Les marchands les plus aisés y gardèrent leurs magasins mais ils partirent progressivement s'intaller au-delà des murs, plus haut sur les collines. Les premières ambassades étrangères installées à Galata en firent autant. Ainsi naquit le nouveau quartier européen de Péra (Péra signifie "au-delà" en grec). Lorsque les Ottomans s'ouvrirent au commerce avec l'Occident, des familles musulmanes, également attirées par Galata, vinrent s'établir dans les alentours de la tour, mais pour les mêmes raisons de surpopulation, elles s'installèrent à Péra auquel fut donné le nom turc de Beyoglu (le Fils du Bey). Vers la fin du XVIe siècle, Péra-Beyoglu supplanta complètement Galata.

Visite de Galata

La partie basse de Galata commence à Karaköy, au pied du Pont de Galata. L'actuel pont basculant, qui est situé à l'entrée de la Corne d'Or, remplace le premier pont flottant en acier construit en 1912, lui-même remplaçant trois anciens ponts flottants dont le premier pont en bois, le Vieux Pont, fut construit en 1845. Endommagé par un incendie en 1994, le quatrième Pont de Galata fut transporté en amont de la Corne d'Or. Dans l'introduction du "Modern Bridge by Slam" (Bridge Moderne par le Chelem) publié à Londres en 1901, il est mentionné que le jeu du "bridge" fut inventé par des officiers britanniques durant la Guerre de Crimée (1854-56). Le jeu de cartes tire son nom du Pont de Galata qu'apparemment ils traversaient pour se rendre dans un café afin de jouer aux cartes. De nos jours, la multitude de pêcheurs alignés, quel que soit le temps, le long des parapets, les colporteurs et les nombreux petits restaurants de poissons situés sous le tablier, font la particularité du Pont de Galata.
Dans le passé, Karaköy était réputé pour ses tavernes ou meyhane qui attiraient la population musulmane. Ces tavernes étaient situées le long des quais où, de nos jours, de gigantesques bateaux de croisière accostent à la gare maritime. Après 1917, des milliers de Russes Blancs fuyant la Révolution Bolchévique débarquèrent içi et s'intallèrent dans le quartier (et aussi à Beyoglu) où ils ouvrirent des églises qui sont situées, de façon plutôt surprenante, au dernier étage des bâtiments dans lesquels ils habitaient (Eglises Haghia Andrea et Haghia Panteleymon).
Différentes congrégations d'églises, qui servent leurs communautés, se trouvent à Galata-karaköy. l'Eglise Catholique Saint Pierre et Paul (Rue Galata Kulesi) fut construite en 1604 par les Génois à côté de leur vieux couvent dominicain, et reconstruite en 1841 après avoir été détruite à deux reprises par un incendie. L'Eglise Saint Georges, reconstruite au XVIIIe siècle, abrite la sépulture de deux ambassadeurs français et celle de Elisabeth Petri Lhomaca, la grand mère du poète français André chén
ier qui est né à Galata au Han Saint Pierre, et qui fut décapité durant la Révolution Française. L'Eglise de Saint Benoît et le Couvent furent fondés en 1427 par les Bénédictins, et en 1583 une école y fut ouverte par les Jésuites; quelques vestiges de la première église détruite plusieurs fois par des incendies, ont subsisté. Plusieurs des églises catholiques latines furent ainsi réduites à l'état de cendre dans les grands incendies de Galata. Dans la Rue de Sakizcilar, L'Eglise Arménienne Surp Kirkor Lusavoric (1965) remplace la plus ancienne église arménienne d'Istanbul (Surp Sarkis construite vers 1360, et la nouvelle Eglise de St Grégoire l'Illuminateur construite en 1431); l'Eglise Orthodoxe Turque Haghios Nikolaos; l'Eglise Syriaque Haghios Ionnis...
Quelques petites mosquées (mescit) furent construites pendant la période ottomane. D'autres étaient des églises transformées en mosquées, telle que l'
Arap Camii (Rue Galata Mahkemesi) qui était une basilique (San Domenico) avec un beffroi carré (à présent le minaret) convertie après la conquête de Constantinople par les Ottomans et utilisée par les Arabes qui avaient fui l'Inquisition Espagnole en 1492, d'où son nom de Mosquée Arabe (Arap). Les tombes latines qui se trouvaient à l'intérieur de l'église sont exposées dans le Musée Archéologique.
Une autre mosquée inhabituelle est
Yeralti Camii (la Mosquée Souterraine) installée au XVIIe siècle dans le sous-sol d'une des tours des remparts auprès de la mer.
Sokullu
Camii, u
ne mosquée octogonale oeuvre du grand architecte Sinan, fut construite en 1577 pour le Grand vizir Sokullu Mehmet Pacha. Cette mosquée est située près du Pont Atatürk et de la Porte (Azapkapisi) de l'Arsenal (Tershane).
La communauté juive de Galata ouvrit également ses lieux de culte. La congrégation conservatrice juive ouvrit leur plus grande synagogue,
Neve Shalom, en 1951 dans la Rue Büyük Hendek. Deux autres synagogues importantes sont la Synagogue Askenazi, dans la Rue Banker, la seule synagogue des Juifs Ashkenazes qui ait subsisté à Istanbul, et la Synagogue Italienne dans la Rue Lâleli Çesme. Le Musée Juif est installé dans l'ancienne Synagogue Zülfaris.
Pendant des siècles, le quartier a toujours été un centre de commerce actif. Au XIXe siècle, les premières banques y furent ouvertes dans la Rue Bankalar et la Rue Voyvoda où l'Escalier Camondo nous rappelle la famille juive séfarade Camondo, originaire de Galata, qui devint l'une des plus riches familles de banquiers (Abraham Camondo était le banquier du gouvernement ottoman avant que la Banque Ottomane ne fut fondée), ce qui leur valut le surnom "les Rothschilds d'Orient".
Depuis le Pont de Galata, les quais s'étendent jusqu'au quartier de Tophane qui tire son nom du grand bâtiment de l'ancienne Fonderie de Canons qui s'élève de l'autre côté du boulevard. La jolie Fontaine de Tophane
(1732) avec ses inscriptions et sa décoration végétale s'élève sur une petite place entre la Mosquée de Kiliç Ali Pacha, construite par Sinan en 1580 pour l'un des plus célèbres commandants de la flotte ottomane et dont l'intérieur contient des faiences fabriquées à Tekfur Sarayi, et la Mosquée Nusretiye du XIXe siècle, de style baroque. De nombreux cafés où l'on fume le narghile bordent la place.
A Karaköy, un grand marché souterrain permet de traverser le grand boulevard au trafic intense et de se rendre en toute sécurité à l'entrée du
"tünel" (tunnel), un funiculaire souterrain construit en 1873 par les Français (le deuxième plus ancien métro du monde), qui relie Karaköy à Tünel, la partie haute de Galata. Tünel délimite les quartiers de Galata et de Péra-Beyoglu.
Plan 2, C 3


Le quartier de Galata avec l'ancienne Tour de Galata
au centre, et des grattes-ciel à l'arrière plan

Le Pont de Galata à l'embouchure de la Corne d'Or
(à gauche), le quartier de Karaköy et le Bosphore

Vue sur Galata, Karaköy, le Pont de Galata et le
centre historique sur la rive opposée de la Corne d'Or

Dans le coin à droite de la photo, vestiges des fortifications
génoises. A gauche, l'Eglise Catholique St Pierre et St Paul



L'Eglise Russe Aya Panteleymon située au 6ème étage d'un immeuble à Karaköy

Vue depuis les docks de Tophane

Fumeurs de narghile à Tophane
 
Le Quartier de Beyoglu

Peu après la conquête de Constantinople par les Ottomans, le quartier de Galata habité par les Levantins, les Grecs, les Arméniens et les Juifs, devint trop étroit à cause de sa population dense. Les marchands les plus aisés et les premières ambassades étrangères partirent progressivement s'installer au-delà des murs de Galata, plus haut sur les collines. Les premières ambassades étrangères installées à Galata en firent autant. Ainsi naquit le nouveau quartier européen de Péra (Péra signifie "au-delà" en grec). Lorsque les Ottomans s'ouvrirent au commerce avec l'Occident, des familles musulmanes, également attirées par Galata, vinrent s'établir dans les alentours de la tour, mais pour les mêmes raisons de surpopulation, elles s'installèrent à Péra auquel fut donné le nom turc de Beyoglu (le Fils du Bey). Vers la fin du XVIe siècle, Péra-Beyoglu supplanta complètement Galata.
Les ambassades étrangères se construisirent des palais, entourés de jardins, le long de la rue prinipale qui était la Grand Rue de Pera ou Cadde-i Kebir pour lesTurcs. Ainsi, le Palais de France, la première ambassade implantée à Péra, fut construite en 1581 sur un terrain accordé à la France par Soliman le Magnifique. En 1831 un grand incendie détruisit environ 3 000 bâtiments à Péra-Beyoglu, et parmi eux le Palais de France (reconstruit en 1845 au même endroit), les Palais de Pologne, de Grande Bretagne, d'Italie. Certaines ambassades, comme l'Ambassade Allemande (1872) furent reconstruites à Gümüssuyu. Ce grand incendie fut en quelque sorte une occasion, car en peu de temps le quartier se transforma. Avec la construction de bâtiments Art Nouveau et l'apport du gaz de ville et de l'électricité, Péra-Beyoglu devint le centre étincellant du mode de vie européen à Istanbul. La Grand Rue de Pera, qui se terminait à Galatasaray (à mi-chemin entre Tünel et l'actuelle Place de Taksim), fut prolongée jusqu'à Taksim. Les transports en commun entrèrent dans une nouvelle phase avec l'utilisation de tramways tirés par des chevaux, puis rapidement électrifiés. Certaines des premières églises rattachées aux différents cultes des communautés étrangères, furent aussi reconstruites après le grand incendie de 1831 et un autre qui eut lieu en 1870.
Les marchands étrangers, les banquiers, les armateurs établis à Péra-Beyoglu et à Galata avec leurs familles continuèrent de prospérer car ils étaient protégés par les "capitulations" qui étaient des accords spéciaux passés entre l'Empire Ottoman et différents gouvernements étrangers. Ces accords permettaient à ces gouvernements et à leurs citoyens d'être justiciables de leurs propres tribunaux et donc d'être exemptés des lois de l'Empire.
En 1868, le célèbre Lycée Impérial Ottoman de Galatasaray ouvrit ses portes. Le français devint la principale langue d'instruction de l'école où les élèves, appartenant à des communautés religieuses différentes, furent instruits avec une liberté religieuse totale (Galatasaray, ou le Palais de Galata, était en fait une ancienne institution fondée en 1481 par le Sultan Beyazit II à Istanbul afin de former des fonctionnaires. L'école prit le nom de Lycée de Galatasay après l'établissement de la République Turque et dès lors, les étudiants reçurent une éducation correspondant aux nouvelles idées de la République. En 1992 l'Université Francophone de Galatasaray a ouvert ses portes à Besiktas au bord du Bosphore). L'ouverture de nombreuses écoles privées par les communautés étrangères (allemande, autrichienne, française, italienne...), par des missionaires étrangers et par les minorités religieuses ottomanes, s'ensuivirent rapidement.
Péra devint le centre de la vie culturelle et de la mode fréquenté par les belles dames cosmopolites et les élégants gentlemen. Les Turcs vivant dans la vieille ville traditionnelle ou dans d'autres quartiers d'Istanbul adoraient venir dans cette partie européenne de la ville où furent établis les premiers grands théâtres, lieux de divertissement, restaurants, cafés, salons de thé et pâtisseries. Bien entendu, ils venaient également y acheter des produits européens de toutes sortes. Il paraît que les dames, qui étaient voilées à Karaköy, se découvraient aussitôt qu'elles montaient dans le funiculaire qui les transportaient à Tünel, révèlant des vêtements européens.
Après la Guerre d'Indépendance et les premières années de la République, les Turcs prirent le relais des Levantins. Péra-Beyoglu resta florissante jusqu'à la moitié du XXe siècle puis entra dans une période de déclin. Malgré les évènements politiques extrémistes de septembre 1955 qui contribuèrent à faire partir les Grecs du pays, un grand nombre de Levantins, Grecs, Arméniens et Juifs vivent encore à Beyoglu, mélangés à la population musulmane qui représente la majorité. Mais étant donné que de plus en plus de gens, en quête de travail et d'un meilleur niveau de vie, arrivèrent des zones rurales de l'Anatolie et s'installèrent dans le quartier, la classe bourgeoise et les riches quittèrent Beyoglu pour d'autres parties d'Istanbul.
Depuis les années 1990, Beyoglu a retrouvé sa popularité d'antan en redevenant le coeur de la vie culturelle et un quartier commerçant important. Dans le cadre du projet de "la Restauration de Beyoglu", l'Avenue Istiklal (Istiklal Caddesi) ainsi que que les bâtiments se trouvant dans les rues environnantes, font l'objet de restaurations.

Beyoglu, tout comme Galata, est un endroit ou il vaut la peine de prendre son temps afin de flâner le long de Istiklal Caddesi, l'axe principal, et dans les petites rues environnantes où les nombreux bâtiments au caractère historique racontent, de façon assez surprenante, l'histoire d'Occidentaux venus s'installer dans cette partie du monde, et celle de Turcs qui leur ont succédé. Jusqu'à dans les années 1930, à Péra-Beyoglu la langue véhiculaire n'était pas le turc, mais le français. C'est pour cela que l'on y voit encore un peu partout des noms français.
De nos jours, les palais mentionnés plus haut abritent généralement des consulats. Toutes les ambassades ont été transférées à Ankara après que la ville devienne la capitale de la Turquie moderne en 1923.
Les théâtres, cinémas, galeries, églises, mosquées, synagogues, restaurants de toutes sortes, cafés, bars, pâtisseries situées le long et autour d'Istiklal Caddesi, font de Beyoglu le quartier culturel et de divertissement le plus animé d'Istanbul, alors que les nombreux magasins en font l'une des meilleure zone commerçante de la ville.

Visite de Beyoglu

Il est possible de commencer la visite de Beyoglu depuis Tünel ou depuis la Place de Taksim. Pour ma part, je pense qu'il est préférable de commencer à Taksim et finir à Tünel afin de consacrer plus de temps à ce charmant quartier. Les points forts de cet itinéraire peuvent être énumérés comme suit:
La Place de Taksim tire son nom du réservoir historique ottoman "maksem" (1732), situé sur le côté ouest, et qui alimentait en eau les fontaines de Galata et de Beyoglu. Au centre de la place s'élève le
"Taksim Cumhuriyet Aniti" ou "Monument à la Gloire de la République", une oeuvre du sculpteur italien Pietro Canonica (1928) représentant Atatürk et ses compagnons d'armes (Ismet Pacha, Fevzi Çakmak Pacha et d'autres). Sur le côté est de la place s'élève le Centre Culturel Atatürk (l'Opéra d'Istanbul). Sous la place et sous le Parc de Taksim se trouve le terminus principal du nouveau métro. L'imposant dôme qui s'élève derrière la place est celui de l'Eglise Haghia Triada (1880) située dans la Rue Meselik. Cette église grecque orthodoxe fut construite vers la fin du XIXe siècle par le Grec Kampanaki, l'architecte des bâtiments où est installé le Consulat de Belgique situé dans l'Avenue Siraselviler, non loin du bel immeuble construit par la famille de diplomates grecs Muzurus, qui abrite de nos jours le Consulat de Roumanie. Dans les rues environnantes, plusieurs beaux immeubles ainsi que l'Ecole Grecque Zappyon et l'Ecole Arménienne Esayan (1895) furent construists par de riches familles grecques et arméniennes.
A présent, descendons l'avenue principale qui est le coeur battant de Beyoglu: la Grand Rue de Pera, commençant à Tünel et se terminant à Taksim, a été rebâptisée Istiklal Caddesi (Avenue de l'Indépendance) en 1927 après l'établissement de la République. Le vieux et nostalgique tramway reliant Taksim à Tünel traverse en son centre cette avenue animée de 1,2 km de long, devenue zone piétonnière.
Au début d'Istiklal Caddesi, se trouve le Consulat Français, et à partir de là commence une surprenante succession de magasins, de restaurants traditionnels et de restoration rapide, de théâtres et de cinémas avec l'Alkazar (1923) et l'Emek (l'ancien Melek 1924) qui sont parmi les plus anciens à
Beyoglu, etc... situés sur l'avenue et à l'intérieur des nombreux hans et galeries marchandes (pasaj), qui la bordent.
Sur la droite de l'avenue, dans la Rue Zambak derrière le Consulat Français, s'élève l'Eglise Vosgeperan qui, avec la petite Eglise épiscopale Asdvadzadzin située après le Rumeli Hani (Cité Roumélie aux inscriptions en grec et en français) est l'un des principaux lieux de culte de la communauté catholique arménienne de Beyoglu. Les Arméniens sont généralement Grégoriens mais une communauté arménienne catholique s'est formée au début du XIXe siècle à Beyoglu au contact des Levantins français, ce qui facilita les rapports commerciaux avec ces derniers et permit aux Arméniens catholiques de s'enrichir, comme en témoignent les imposants immeubles qu'ils élevèrent tout au long de l'avenue. L'un d'entre eux était Abraham qui obtint le titre ottoman de pacha et à qui appartenait l'immeuble où fut ouvert le Cercle d'Orient, le club le plus chic et huppé de l'époque, situé avant le Halep Pasaji (Cité d'Alep). Presqu'à l'extrémité et du côté droit de la Rue Mis s'élève le bel immeuble Art Nouveau qui appartenait à Monsieur Martin qui était le constructeur belge de calèches de la cour impériale sous le Sultan Abdülhamit. A l'angle de la Rue Sakizagaci s'élève la petite Mosquée Aga dont l'intérieur contient des faiences fabriquées à Tekfur Sarayi, un ancien palais byzantin. De l'autre côté de l'avenue au No 139, "Hasanbey Apt" était la résidence des célèbres banquiers Camondo.
Sur la gauche de l'avenue, dans la Rue Küçük Parmak, se trouve Afrika Hani (Han de l'Afrique) qui appartenait à Ragip Pacha, le Grand Chambellan d'Abdülhamit. Afrika Hani, Rumeli Hani (han de Roumélie ou de l'Europe) et Anadolu Hani (Han de l'Anatolie ou de l'Asie) symbolisent les trois continents sur lesquels s'étendait l'Empire Ottoman. Plus bas, après avoir traversé la Rue Abdullah et passé la Fontaine d'Abdullah Aga, se trouve l'Ecole de filles Ste Pulchérie, ouverte par les Jésuites. Remonter par la Rue Tel dans laquelle se trouve une école qui était la maison des Mavrokordato, des commerçants grecs installés à Beyoglu, issus de l'aristocratie du vieux quartier grec de Fener. Par la Rue Anadolu, retourner sur Istiklal Caddesi.
En arrivant à Galatasaray, à mi-chemin entre Taksim et Tünel, sur la droite se trouve le pittor
esque "Çiçek Pasaji" ou
Passage aux Fleurs (Cité de Péra, 1876), construit par Cleanthe Zanno pour le banquier grec Christaki Zografos. Le Çiçek Pasaji tire son nom du Café aux Fleurs quyi se trouvait à l'arrière du passage. L'endroit est aujourd'hui renommé pour ses meyhanes (tavernes) qui y ont été installées dans les années 1950 et que viennent animer des musiciens gitans (d'autres tavernes sont situées dans la Rue Nevizade, au bout du passage). Le Passage aux Fleurs débouche sur la Rue Sahne où se trouvent le marché coloré du quartier, le Marché aux Poissons (Balik Pazari), l'Eglise grégorienne arménienne Surp Yerortutyun et le Passage de l'Europe (Avrupa Pasaji aussi appelé Passage aux Miroirs) avec ses belles façades intérieures et extérieures. En face de ce passage, au début de la Rue Mesrutiyet, s'élève le Palais de Grande Bretagne tristement célèbre depuis que des terroristes y ont fait exploser une bombe le 20 novembre 2003. Le palais a été construit en 1845 par Sir Charles Barry, l'architecte du Parlement de Londes. Après les Passages Hazzopoulos et Aznavour, autres exemples de passages qui portent le nom des familles qui les firent construire, dans la Rue Nevruza, et retranchée dans une cour, se trouve
Panaghia Isodoryon, l'une des plus anciennes églises grecques orthodoxes de Beyoglu. Non loin se trouve le Restaurant Rejans, ouvert par des Russes Blancs et par qui divertissement à la russe, votka et Boeuf Strogonoff devinrent populaires dans Beyoglu.
De retour dans Istiklal Caddesi
et presque en face du Passage aux Fleurs se trouve le Lycée de Galatasaray (voir plus haut) reconnaissable à ses imposantes grilles. En 1973, un mémorial a été érigé sur la Place de Galatasaray pour commémorer les 50 ans de la République. Sur la gauche du lycée, dans la Rue Turnacibasi et passé le Lycée Grec Zografyon, se trouve le Hammam Historique de Galatasaray.
Plus bas dans la même rue s'élève le Consulat de Grèce. Ce beau bâtiment fut d'abord la résidence du Métropolite d'Antakya puis le centre culturel grec Syllogos, et par la suite fut acheté par le gouvernement grec qui en fit son ambassade (les nouveaux bureaux du Consulat Grec sont installés dans un bel immeuble sur l'avenue Istiklal à côté de Halep Pasaji). De là, on peut atteindre Çukurcuma, renommé pour ses antiquaires, en contournant le Lycée de Galatasaray et en descendant la charmante "Rue Française" (en fait la Rue Cezayir ou d'Algérie) avec ses maisons colorées, ses cafés et ses petites galeries d'art. La rue a pris le nom de la communauté française qui a contribué à sa rénovation en 2003.
Retour vers Istiklal Caddesi en passant par la Rue Nuru Ziya, l'ancienne Rue de Pologne, où est située l'entrée du Palais de France (de nos jours résidence du Consul de France). La France étant le premier pays à avoir des relations diplomatiques avec les Ottomans (François Ier et Soliman le Magnifique avaient un ennemi commun, Charles Quint), elle se vit doter par le sultan d'un terrain où le représentant de la France, le Chevalier de Germiny, entreprit en 1581 la construction du Palais de France. Détruit lors du grand incendie de 1831, il fut reconstruit en 1845 en style Louis-Philippe par l'architecte Laurécisque. Un peu plus haut à droite, au No 19, une plaque indique l'emplacement de la maison du marchand et accordeur de pianos, Commendinger, chez qui Franz Listz séjourna lorsqu'il vint donner des concerts dans la capitale ottomane.
Retour dans l'Avenue Istiklal pour voir, à droite, Saint Antoine de Padoue, une église de style néo-gothique en briques rouges construite après 1913 par Giulio Mongeri, un Italien né à Istanbul, et remplaçant deux anciennes églises franciscaines. Les bâtiments annexes qui donnent sur l'avenue présentent un style typiquement vénitien. En face de St Antoine, ne pas manquer l'immeuble Elhamra de style mauresque. Revenir sur ses pas vers la Rue Postacilar qui conduit à plusieurs bâtiments intéressants: située derrière le Palais de Hollande (1855) se trouve l'Eglise de L'Union qui est le plus ancien temple protestant du quartier. Passé le tournant à droite, s'élève la petite Eglise Espagnole qui faisait partie de l'ancienne ambassade espagnole. Entre les deux, l'Ecole Pierre Loti située dans les dépendances de la Chapelle St Louis des Français, à l'arrière du Palais de France. Fondée après 1581 par les Capucins, la plus ancienne église catholique de Beyoglu a été fortement endommagée par l'incendie de 1831. La rue pavée, et en pente raide, débouche sur la Rue Tomtom Kaptan et le Palais de Venise (1695), la seconde ambassade après la France à s'être implantée à Péra. Le Palazzo di Venezzia a eu la chance de ne pas avoir été touché par les grands incendies dévastateurs. Au XVIIIe siècle, il devint pour quelques temps la possession de l'Autriche-Hongrie lorsqu'elle s'empara de Venise, et après la Première Guerre Mondiale, il n'appartint plus à Venise mais à L'Italie. Casanova fut une des personnalités qui y séjourna. A côté, se trouve l'Ecole Italienne.
Par le même chemin, retour sur Istiklal Caddesi pour y découvrir, toujours sur la gauche, Ste Marie Draperis (1904), une autre église franciscaine où est conservée une vieille icône de la Vierge Marie considérée comme miraculeuse car elle a survécu à plusieurs incendie, à l'inverse de l'ancienne Eglise construite en 1584. Un peu plus loin sur l'avenue se trouve le Palais de Russie (1845) construit par les Frères Fossati qui furent également les architectes de nombreux bâtiments à Péra et travaillèrent à la restauration de
Sainte Sophie. L'immeuble Botter (1900) fut construit par l'architecte italien Raimondo D'Aronco (il participa à la construction du Palais de Yildiz et de nombreux autres bâtiments officiels) pour Jan Botter, le tailleur hollandais du sultan Abdülhamit II. Cet immeuble est l'un des plus beaux exemples d'Art Nouveau de Beyoglu. Puis vient le Palais de Suède reconstruit en 1870. Le terrain, acheté en 1757, représente la plus ancienne acquisition faite à l'étranger par le gouvernement Suèdois. En face s'élève le Narmanli Han qui, à l'origine, abritait l'Ambassade de Russie avant qu'elle ne fut déménagée dans ses nouveaux locaux et où, fuyant la Révolution bolchévique de 1917, des Russes Blancs élirent domicile. En 1933, les frères Narmanli achetèrent les bâtiments où s'installèrent de nombreux artistes (peintres, écrivains, poètes).
Dans la Rue Sahkulu Bostan, en bas à droite se trouve le Lycée Allemand établi en 1897 et regroupant plusieurs petites écoles allemandes ouvertes après 1868 (l'Ambassade a été construite assez tardivement entre 1874 et 1877 à Gümüssuyu, derrière Taksim
, après la disparition de la Prusse et la formation de l'Allemagne en 1871). Dans la Rue Serdar-i Ekrem, à droite, s'élève l'imposant immeuble Dogan (1895), composé de trois bâtiments qui s'organisent autour d'une cour intérieure panoramique s'ouvrant sur Galata. Toujours dans la même rue mais en la prenant vers la gauche, se trouve le Temple Anglican de Crimée construit en style néo-gothique par les Anglais en commémoration de la Guerre de Crimée.
Par la Rue Kumbaraci, où se trouvait la maison du Comte de Bonneval
(1675-1747), alias Kumbaracibasi Ahmet Pacha, un renégat français qui commanda l'artillerie ottomane, retournez sur Istiklal Caddesi. Traversez et remontez l'avenue vers le
Markiz Pasaji (Passage Marquise). Ouvert en 1840 sous le nom de Passage Oriental (en turc sark Aynali Pasaji), il abrita de nombreux petits commerces ainsi que la Pâtisserie Lebon dont le slogan était "Tout est bon chez Lebon". En 1940, la pâtisserie Lebon, déménageant en face, laissa sa place au Café-Pâtisserie Marquise qui devint le café favori des artistes après avoir été fréquenté par les Jeunes Turcs, les hommes politiques et les intellectuels. Le nouveau propriétaire, Avedis Çakir, enrichit l'intérieur avec de beaux vitraux qui vinrent s'ajouter aux faiences murales Art Nouveau (1905) qui avaient été apportées de France (des quatre panneaux représentant les saisons, seuls le Printemps et l'Automne ont subsité). Le passage fut fermé dans les années 1970 et la pâtisserie dans les années 1980 quand le bâtiment fut vendu. De nombreuses années plus tard, le passage a subi une complète restauration. Il a rouvert sous le nom de Passage Marquise et le Café-Pâtisserie Marquise dévoile à nouveau ses charmes d'antan.
En tournant à gauche dans la Rue Balyoz, vous atteindrez Tepebasi connu autrefois sous le nom de "Petits-Champs". Dans la Rue Mesrutiyet, sur la droite s'élèvent la Casa d'Italia et plus haut, la belle façade de l'ancien Hôtel Bristol qui abrite à présent le Musée de Péra, et le Grand Hotel de Londres qui était la résidence de la famille Glavani avant de devenir un hôtel. Sur la gauche en descendant la Rue Mesrutiyet, il ne faut pas manquer de visiter le renommé hôtel Péra Palas, témoignagne d'un luxueux passé. Cet hôtel a été conçu par l'architecte français Alexandre Vallaury dont les autres réalisations sont les bâtiments de la Banque Ottomane et du Musée Archéologique. L'hôtel fut ouvert en octobre 1891 par la Compagnie Internationale des Wagons Lits pour les passagers de l'Orient Express, ligne ferroviaire entre Londres et Bagdad. Parmi les nombreuses personnalités qui y sont descendues, on retiendra Agatha Christie, dont la chambre est la plus célèbre (elle y écrivit "Meurtre dans l'Orient- Express"), Atatürk dont la chambre est devenue un musée, le Roi Edouard VIII de Grande Bretagne, le Shah Riza Pehlevi d'Iran, Tito, Mata Hari, Jacqueline Kennedy, Yehudi Menuhin...
Juste derrière l'hôtel se trouve le Palazzo Corpi, construit dans les années 1870 par l'architecte italien Leoni pour le compte d'Ignazio Corpi, un armateur levantin qui dépensa une fortune pour sa construction, faisant venir d'Italie matériaux de construction et artistes. Mais Signor Corpi mourut alors que la construction était à peine terminée et le palais fut loué, en 1882, au gouvernement américain. En 1907, l'Ambassadeur américain John Leishman acheta avec son propre argent le palais à un prix extraordinairement bas (environ trois fois moins que la somme dépensée pour la construction), pensant qu'il serait remboursé lorsqu'il se rendrait aux USA. A son arrivée à Washington, se voyant refuser le remboursement, il eut l'idée d'inviter des membres du Congrès à une réception où ils joueraient au poker, disant avec humour que s'il perdait, il ne chercherait pas à être remboursé. Mais il gagna et ce fut ainsi que le gouvernement américain dut payer et que l'Ambassade de Constantinople devint la première possession américaine en Europe. E
n 2003, le consulat américain a été transféré à Istiniye sur les hauteurs du Bosphosre.
Passez par la Rue Asmali Mescit afin d'atteindre la Place de Tünel où se termine l'Avenue Istiklal (d'après le contexte historique, en fait il est plus juste de dire où commence). Tout autour d'içi,
il faut se promener dans les rues étroites afin de découvrir l'ambiance pittoresque qui y règne avec les cafés branchés (certains sont minuscules mais si sympathiques), les restaurants qui, dès qu'il fait beau, dressent leurs tables dans la rue, les bars et clubs de jazz, les galeries d'art et antiquaires, les libraires et disquaires. En face de l'entrée du "Tünel" (funiculaire), ne manquez pas le petit "Tünel Pasaji" rempli de restaurants et cafés aux agréables terrasses agrémentées de verdure et de fleurs.
Dans la Rue
Yemenici Abdüllatif, derrière la Place de Tünel, se trouve le Grand Rabbinat (Hahambasligi) de Turquie installé içi depuis le début du XXe siècle.
Le "tünel" (tunnel), un funiculaire souterrain construit en 1873 par les Français (le deuxième plus ancien métro du monde), relie Karaköy au quartier de Tünel. Pour ceux qui sont intéressés par l'achat (ou simplement pour voir) d'instruments de musique turcs typiques, la Rue
Galip Dede, qui relie Tünel à la Tour de Galata, est l'endroit idéal à Istanbul. Au début de cette rue se trouve le Galata Mevlevihanesi, qui abrite le Musée de la Littérature du Divan, mieux connu pour les très intéressantes cérémonies de Derviches Tourneurs qui y ont lieu (voir plus bas).
Plan 2, B 3



L'Eglise italienne de St Antoine de Padoue
et le vieux tramway dans Istiklal Caddesi

Beyoglu la nuit


L'immeuble Dogan situé à la
limite de Galata et Beyoglu

Temple Anglican de Crimée


Istiklal Caddesi, la rue principale de
Beyoglu et le vieux tramway

Le Café-Pâtisserie "Markiz" situé dans le
Passage Markiz près de Tünel

La Rue Française" située derrière le Lycée
de Galatasaray et l'Ambassade française

Le Passage aux Fleurs et le Passage de

l'Europe (Avrupa Pasaji)

La Rue Française


A Tünel, au début de la Rue Galip Dede, se trouve le Galata Mevlevihanesi. La première loge (Tekke) des Derviches Tourneurs à Istanbul, a été construite en 1491 par Iskender Pasha, le gouverneur et Chef de la Garde impériale du Sultan Bayezit II. Le complexe, endommagé par un grand incendie en 1766, fut restauré par le Sultan Mustafa II et prit la forme que nous voyons aujourd'hui. Il subit d'autres restaurations au XIXe siècle et entre 1967-72.
De nombreux grands poètes, compositeurs, calligraphes, récitants de mesnevi, joueurs de tambour et de flûte (ney), derviches tourneurs reçurent içi leur éducation. Le premier sheik (seyh) de la loge était Muhammed Semaî Sultan Divanî, l'un des petits-fils de Mevlânâ Celâleddin Rûmi, et le dernier était Ahmed Celâleddin Dede. Les tombes des Seyhs, tels que le poète mystique Galip Dede, se trouvent dans le cimetière contigu à la loge. On peut également y voir les tombes d'Ibrahim Müteferrika, qui fonda la première imprimerie turque au XVIIIe siècle, celle du Comte de Bonneval (1675-1747), alias Kumbaracibasi Ahmet Pacha, un renégat français qui commanda l'artillerie ottomane, ou encore celle de Leyla Saz, la célèbre poétesse et compositrice (1850-1936).
Galata Mevlevihanesi abrite le Musée de la Littérature du Divan (Divan Edebiyati Müzesi) où sont exposés des objets autrefois utilisés par les derviches Mevlevis durant leurs cérémonies de musique et de danse. Des concerts de musique soufie et des cérémonies de Sema ont lieu içi les premier et dernier samedis de chaque mois
entre 15.00 et 16.30 de juin à septembre et entre 17.00 et 18.30 le reste de l'année.
Galip Dede Caddesi No 15 - Tünel. Tel : +90 505 678 0618 / +90 535 210 4565.
email : galatamevlevi@gmail.com - galatamevlevi@yahoo.com.tr




Le Groupe des Amoureux Contemporains de Mevlânâ Society est composé de femmes et d'hommes.
On peut distinguer içi les femmes durant la cérémonie du Sema, grâce à leurs écharpes de couleur.
 
Le Quartier d'Ortaköy est situé sur la rive européenne, au pied du premier Pont du Bosphore. Le centre pittoresque d'ortaköy est un endroit débordant de vie et d'activité. Ses nombreux cafés et cafés en plein air, ses restaurants pour tous les goûts et tous les budgets, ses bars branchés, jazz bars et boîtes de nuit en font l'un des meilleurs endroits pour les noctambules. En plus de ses galeries et boutiques d'art, Ortaköy est également très populaire pour son marché artisanal et particulièrement le week-end, ses étroites rues pavées aux jolies maisons se remplissent de stands colorés.
Malgré l'ambiance moderne et vivante qui y règne, Ortaköy est un vieux quartier d'Istanbul ou une communauté juive s'est installée. La synagogue historique
Etz Ahayim (l'arbre de vie), construite en 1660, a été détruite par un incendie en 1941. Seule l'armoire (Ehal) dans laquelle se trouvait une copie écrite à la main de l'Ancien Testament, a pu être sauvée. Le midrash contigu (salle d'étude) est devenu la nouvelle synagogue (Avenue Muallim Naci).
La Mosquée d'Ortaköy (qui porte aussi le nom de Büyük Mecediye), le joyau d'Ortaköy, est située dans un superbe endroit au bord du Bosphore. Cette mosquée de style baroque fut construite en 1854-55 par l'architecte de la cour, Nikogos Balyan (le fils de Gabaret Balyan, l'architecte du Palais de Dolmabahçe) sur l'ordre du Sultan Abdülmecit. L'embarcadère qui se trouve devant la mosquée a été conçu afin que la barge impériale puisse y accoster. De là, le sultan pouvait se rendre directement vers la loge qui lui était réservée. Certaines plaques ainsi que le "Kelime-i sahadet" (qui témoigne de la foi en l'Islam) sur le "mihrab" de la mosquée ont été exécutés par le sultan Abdülmecit.

Sur la rive du Bosphore, à mi-chemin entre Besiktas et Ortaköy, s'élève le Palais de Çiragan, construit en 1871 par Serkis Balyan pour le Sultan Abdülaziz. Le joli pont qui enjambe la route reliait le palais au Palais de Yildiz, aux pentes du Parc de Yildiz et ses charmants kiosques situés dans les hauteurs d'Ortaköy. Ravagé par un incendie en 1910, et après être resté de longues années en ruines, le palais a été restauré et transformé en un hôtel 5 étoiles, le Ciragan Palace Kempinski.
Plan 3, C 4