L'Hippodrome
à la période ottomane, miniature
du XVIe siècle par Matrakçi Nasuh
Un chef de marins nommé Byzas,
après avoir consulté l'Oracle
de Delphe, qui recommendait de
s'installer "en face de la
cité des aveugles", fonda
au VIIe siècle avant notre ère,
une petite cité grecque, Byzantion.
Cette colonie de Mégare s'implanta
dans le superbe site stratégique
qu'offrait le promontoire à l'entrée
du port naturel de la Corne
d'Or, en face d'une petite
cité située sur la côte asiatique
- Chalcédoine, aujourd'hui Kadýkoy
-, dont les habitants n'avaient
pas réalisé l'intérêt (les aveugles).
Byzantion fut convoitée par de
nombreux souverains étrangers
et tomba aux mains du roi PerseDarius. Elle fut délivrée
par Pausanias, roi de Sparte,
après la bataille de Platée
(479 av.J.C.). Mêlés aux guerres
entre Sparte et Athènes, les descendants
de Byzas surent profiter de l'art
de renverser les alliances. La
cité résista au siège de Philippe
de Macédoine (340), puis à
celui des Galates
(279 av. J.C.) qui fut levé après
qu'elle leur ait payé un lourd
tribut.
Elle devint un centre prospère
de commerce, contrôlant les voies
maritimes et caravanières. Comme
la cité prélevait un droit de
passage sur les navires qui traversaient
le Bosphore,
les royaumes et cités d'Anatolie
lancèrent des expéditions pour
enlever ce verrou. Byzance résista,
mais affaiblie, entre le IIe et
le Ier siècles av. J.C., elle
se rallia à la cause de Rome.
Elle reçut en échange protection
et privilèges. Byzance fut incorporée
à la province
romaine de Bythinie-Pont sous
Vespasien (69-79 ap. J.C.).
Byzance ayant pris le parti de
Pescennius Niger et de ses alliés
Parthes contre Septime Sévère,
ce dernier, sorti victorieux,
s'empara de la ville après un
siège de trois ans (193-196) et
la ravagea. Septime Sévère reconstruisit
la cité qui fut entourée par de
nouveaux remparts. Il l'orna d'un
hippodrome, de palais, et lui
donna le nom d'Augusta Antonina,
en l'honneur de son fils Antoninus,
dit Caracalla.
Après la défaite d'Andrinople,
Licinius, poursuivi par son rival
Constantin Ier, se réfugia à Byzance
où il fut vaincu en 324 ap.J.C..
Constantin Ier Le Grand
(306-337), demeuré seul maître
de l'Empire Romain, fit
de Byzance la nouvelle capitale
sous le nom de Nova Roma (Nouvelle
Rome). Baptisée Constantinople
en 330, elle devint la capitale
de l'Empire
Byzantin (c'est à dire grec
et non plus romain) et donc le
symbole du triomphe chrétien.
Constantin embellit la ville qui
se développa considérablement
et qu'il fallut entourer de nouveaux
remparts. La
pierre du Milion,
à partir de laquelle étaient mesurées
les distances entre Constantinople
et les provinces les plus reculées
de l'Empire, fut érigée sur la
place de l'Augustéon. De
la même façon que
toutes les routes menaient autrefois
à Rome, elles menaient désormais
à Constantinople.
En 391, Théodose Ier (379-395)
entreprit l'épuration de tous
les vestiges paiens. A sa mort,
l'Empire fut partagé entre ses
deux fils Honorius, qui
reçut l'Occident, et Arcadius
(395-408) qui reçut l'Orient.
En 476, Rome tombant aux mains
des Barbares, Constantinople demeura
alors la seule capitale de l'Empire.
Théodose II (408-450) agrandit
la ville, la délimitant par de
nouveaux remparts (ceux que nous
pouvons voir aujourd'hui). Une
période de révolutions de palais,
de dépravation des moeurs, de
guerres civiles s'ensuivit jusqu'à
l'époque de Justinien (527-565).
Avec l'aide du général Bélisaire
et la fermeté de Théodora
(courtisane devenue impératrice),
Justinien écrasa dans le
sang la sédition qui conduisait
l'Empire au désastre. Il établit
un ordre autoritaire mais éclairé
et donna à l'Empire des lois administratives.
Il construisit de nombreux édifices
civils et religieux, dont Sainte
Sophie. Cette période fut
le Premier Age d'Or de
Constantinople.
Aux VIIe, VIIIe et IXe siècles,
Constantinople fut assiégée par
les Avars (en 627), les Bulgares
(en 813 and 913) et les Arabes
(ou Sarrasins entre 673 et 677
et à nouveau en 718), mais put
à chaque fois repousser les assiégeants.
Léon III (717-740), suivit
par d'autres empereurs Iconoclastes,
engagea une lutte d'influence
contre l'église en interdisant
le culte des images saintes. Sous
la dynastie Macédonienne
fondée par Basile Ier (867-886),
Constantinople retrouva son éclat
et redevint le centre d'un grand
empire politique et religieux.
Sous Constantin Porphyrogénète
(912-959), ce fut le Second
Age d'Or de la ville qui devint
la capitale incontestée de la
richesse et des arts.
A la fin du XIe siècle, le schisme
religieux qui sépara définitivement
les catholiques romains des orthodoxes,
et l'apparition des Turcs
Seldjoukides en Anatolie ébranlèrent
la grandeur byzantine. Ce fut
aussi le début des Croisades
et l'intervention directe des
Occidentaux dans les affaires
d'Orient (les Vénitiens,
qui déjà sous Justinien s'étaient
établis à Galata, avaient été
autorisés intra-muros, et les
Génois s'installèrent à
Galata).
Un antagonisme fondamental, avivé
par le schisme, séparait les Grecs
et les Latins. Constantinople
ne souffrit pas du passage des
deux premières Croisades en 1096-97
et 1147, ni de la troisième qui
ne passa pas par la ville. Au
cours de la quatrième
Croisade de 1203-1204, Constantinople
fut incendiée et pillée, le Basileus
(l'empereur) renversé et Baudoin
de Flandre couronné Empereur
Latin d'Orient par le Légat
du Pape. Les Byzantins en exil
formèrent un Empire
Indépendant à Trébizonde et
un autre à Nicée
d'où venait Michel VIII Paléologue
(1259-1282) qui, avec l'aide des
Génois, réprit Constantinople
aux Latins en 1261. Ce fut la
dernière periode brillante de
l'Empire Byzantin, appelée la
"Renaissance
Paléologue". Galata devint
une place forte et la cité indépendante
des Génois. Ceux-ci résistèrent
aux attaques des Vénitiens contre
lesquels ils luttèrent pour le
monopole du commerce extérieur
et intérieur de la ville.
A
partir du XIVe siècle, les
Byzantins eurent à affronter
les Turcs
Ottomans qui conquérirent
peu à peu leurs domaines
en Asie et en Europe. Constantinople
fut assiégée une première
fois en 1396 par le sultan
BayezitIer
(1389-1402) qui construisit
la Forteresse d'Anadolu
Hisar. En face, celle
de Roumeli
Hisar fut construite
en 1452 par Mehmet II
(1451-1481) qui préparait
le blocus de la ville.
Ayant
vainement cherché des secours
auprès du Pape qui exigeait
toujours en retour l'union
des Grecs à l'Eglise Romaine,
Constantin XI (1449-1453)
se prépara à la guerre faisant
réparer les murailles et
tendre à travers la Corne
d'Or des chaînes qui en
interdisaient l'accès aux
navires. Le siège
débuta le 5 avril 1453 mais
le premier assaut n'eut
lieu que le 18 ou le 19.
A la grande surprise des
Byzantins, le sultan fit
passer ses bâteaux dans
la Corne d'Or en les faisant
hisser sur une colline et
glisser sur des planches
enduites de graisse. Le
23 mai de nouvelles propositions
de capitulation ayant été
repoussées, l'assaut
final fut donné sur
tous les fronts dans la
nuit du 28 au 29 mai
1453. Alors qu'un porte-drapeau
plantait le premier étendard
sur une tour, l'Empereur
Constantin XI mourait
les armes à la main sur
les remparts au niveau de
l'actuel Boulevard Adnan
Menderes.
La
Conquête de Constantinople
Zonaro, Dolmabahçe Palace
Byzance
subit le sort de toute ville
qui a refusé de se rendre
: pendant trois jours elle
fut livrée au pillage. Puis
le sultan Mehmet II le
Conquérant signa un Firman
(décret) comme quoi il rendait
ses droits au peuple vaincu.
Il accorda sa protection aux
chrétiens, nomma un nouveau
patriarche, Gennadios, reconnut
aux Génois leurs privilèges
à Galata (ordonnant toutefois
la destruction des murailles),
permit aux Vénitiens de commercer
librement. Les Grecs
se groupèrent autour de leur
église patriarcale à Fener,
les Arméniens
à Yedikule, les Juifs
à Balat. Le sultan fit venir
des colons des différentes
régions d'Anatolie et de l'Empire.
Constantinople connut alors
une ère nouvelle de prospérité
et de calme, de temps en temps
troublée par des discordes
de palais et des catastrophes
naturelles. La ville islamique,
dotée de superbes monuments,
atteignit son apogée avec
le règne de Soliman le
Magnifique (1520-1566).
L'histoire de Constantinople
fut désormais liée à l'histoire
de l'Empire
Ottoman, puis de la Turquie
Moderne puisqu'elle fut
Capitale d'Empire jusqu'en
1923, date à laquelle elle
fut remplacée par Ankara,
lorsque la République
a été proclamée. La ville
changea plusieurs fois de
nom pour enfin devenir Stambul,
puis Istanbul en 1930.
EDIFICES BYZANTINS
Les Remparts:
la ville, depuis sa fondation, a été entourée
quatre fois par des remparts. La ville de
Byzance et ses fortifications furent détruites
par l'Empereur romain Septime Sévère en 196
ap. J.C., et entièrement reconstruites par
lui. Après 330, l'Empereur Constantin
le Grand, agrandissant la ville, construisit
de nouveaux remparts. Se devant de rappeler
Rome, Constantinople allait être une ville
aux sept collines et aux quatorze régions.
La Quatorzième Région fut formée par le faubourg
des Blachernes situé sur une colline à l'extérieur
des remparts, et la Treizième Région par le
faubourg de Sycae (Galata),
située sur la rive opposée de la Corne d'Or.
Ce fut aux remparts de Constantin que la ville
dut son salut lorsqu'elle fut attaquée par
les Goths, après la terrible défaite de l'Empereur
Valens à Hadrianople
(Edirne) in 378.
La construction des quatrièmes remparts (ceux
que l'on peut voir aujourd'hui) fut commencée
en 413 sous le règne de Théodose II. D'abord,
les fortifications terrestres s'étendant entre
la Mer de Marmara et la Corne d'Or furent
élevées. A partir de 439, les remparts maritimes
de Constantin furent prolongés le long de
la Corne d'Or et la Mer de Marmara afin de
joindre la nouvelle ligne de fortifications.
Au cours de l'année 447, lorsque les remparts
furent endommagés par un tremblement de terre
et que la ville fut
mise en péril par Atilla
le Hun,
les murailles terrestres, qui restèrent la
principale défense, furent renforcées avec
un mur extérieur érigé en un temps record
afin d'assurer, avec de larges douves, une
seconde ligne de défense.
Au fil des siècles, ces murailles subirent
des rénovations et des transformations. Les
remparts terrestres de Constantin tombèrent
en ruines et disparurent progressivement.
En
627, l'Empereur Héraclius, afin
de protéger
le Sanctuaire de la Panaghia des Blachernes
situé hors des murs de la ville, le fit entourer
de fortifications. En
813, Léon V fit ériger la muraille qui s'élève
devant le rempart d'Héraclius afin de le renforcer,
s'attendant à des attaques de la part des
Bulgares.
Au XIIe siècle, une nouvelle portion de remparts
fut ajoutée par Manuel Ier Comnène (1143-1180)
pour une meilleure protection
du quartier des Blachernes où étaient construits
les palais où
résidaient désormais
les
empereurs
byzantins.
D'une
longueur totale de près de 21 km, les remparts
s'étendaient entre la Mer de Marmara et la
Corne d'Or sur 7 km (les remparts terrestres),
le long de la Corne d'Or sur environ 5 km,
et le long de la Mer de Marmara sur environ
8 km. Les murailles étaient percées de nombreuses
portes, la plupart étant toujours utilisées
aujourd'hui, et protégées par des tours et
des bastions. Plan
2, E 3 et Plan
4, C 2, D2, E1
Remparts
de Théodose à la Porte de Silivri -
Silivri Kapisi
Les
remparts de Manuel Comnène
à Ayvansaray près de la Corne d'Or
Le Palais des Blachernes: dand
le faubourg des Blachernes, sur la
colline surplombant la Corne d'Or,
fut élevé le premier Palais des Blachernes,
comme en témoignent des matériaux
et certaines structures trouvés là.
Ce palais extra-muros se trouvait
dans un endroit retiré à proximité
de la réputée Eglise Sainte Marie
des Blachernes (voir plus bas)
et il fut probablement d'abord utilisé
comme lieu de retraite durant les
visites faites par les empereurs au
saint sanctuaire (voir plus bas).
En 627, après avoir échappé au péril
représenté par les Avars, l'Empereur
Héraclius (575-641)
fit entourer et inclure le quartier
dans les fortifications de la ville.
Après son accession au trône, Alexis
Ier Comnène (1081-1118) agrandit et
embellit le Palais des Blachernes.
La cour impériale déménagea dans le
palais qui devint la nouvelle et principale
résidence des basilei, les souverains
byzantins, remplaçant le vieux Grand
Palais près de l'Hippodrome.
Manuel Ier Commène (1143-1180) ajouta
un autre bâtiment au Palais des Blachernes
qui devint un complexe palatin.
Le Palais des Blachernes fut ravagé
par un incendie lors de la conquête
ottomane de la ville. Quelques ruines
du palais se trouvent derrière la
mosquée Ivaz Efendi Camii construite
par l'architecte Sinan
en 1585.
Le Palais de Constantin VII Porphyrogénète
(Tekfur Sarayi), qui jouxte les
remparts, faisait partie du complexe
palatin des Blachernes. Ce
palais est dit de Constantin VII Porphyrogénète
probablement parce que cet empereur
fit construire un palais à cet endroit.
Constantin VII Porphyrogénète,
dont le nom signifie "né dans
la pourpre" étant né durant le
règne de son père, fut souverain entre
913
et 959. Des substructions datant du
Xe siècle ont été mises au jour, cependant
les parties hautes du palais datent,
elles, au moins de la fin du XIIe
siècle. La façade de cet édifice à
trois étages est un
remarquable exemple de la polychromie
extérieure, avec alternance de brique
rouge et de pierre blanche, utilisée
dans les constructions byzantines.
Des nombreux bâtiments qui composaient
le complexe des Blachernes, seul ce
palais a en partie survécu, en faisant
un rare et exceptionnel exemple de
palais byzantin et d'architecture
civile encore présent dans la ville.
Sous l'autorité ottomane, le palais,
désormais appelé Tekfur Sarayi (le
Palais de l'Empereur), servit comme
ménagerie des sultans. Plus tard,
Damat Ibrahim Pacha, grand vizir (sadrazam)
sous Ahmet III
(1703-1730), fit installer un atelier
de céramiques et de faiences à Tekfur
Sarayi visant à
supplanter Iznik
qui avait atteint son apogée
durant le règne de Soliman
le Magnifique et ce jusqu'à
la fin du XVIIe siècle. Cependant,
la qualité
et le rendement étant de loin inférieurs
à ceux d'Iznik, cette activité fut
abandonnée au bout d' une trentaine
d'années environ,
et l'endroit tomba progressivement
dans l'abandon jusque dans les années
1950, lorque des travaux de restaurations
furent entrepris.
Le palais est situé à quelques minutes
à pied du Musée de Saint
Saviour in Chora (Kariye), à proximité
de la Porte d'Edirnekapi.
On
connaît assez peu de choses sur le
complexe palatin des Blachernes. Cependant,
si l'on se réfère au Croisé Robert
de Clary et à sa chronique relatant
la Prise de Constantinople, l'on apprend
quel fut son ébahissement lorsqu'il
découvrit le Palais des Blachernes,
car selon lui une telle richesse et
une telle magnificence ne pouvaient
être décrites. Il mentionna également
qu'un immense trésor, comprenant aussi
les couronnes, les bijoux et les vêtements
d'apparat impériaux, était conservé
au Palais des Blachernes, alors que
la Chapelle du Phare, située dans
le Palais du Boukoléon (le palais
du port qui faisait partie du complexe
du vieux Grand
Palais) renfermait de nombreuses
et précieuses reliques dont deux morceaux
de la Vraie Croix, le fer de lance
qui perça le flanc de Jésus, deux
des clous enfonçés dans Ses mains
et Ses pieds, un peu de Son sang,
Sa tunique, la Couronne d'Epines et
le crâne de St Jean Baptiste.
Une autre relique qu'il vit était
un tissu portant la représentation
de Jesus ("Christ Acheiropoietos"
qui signifie "qui n'est pas fait
de main d'homme") appelé le Mandylion
par les Byzantins et qu'ils affirmaient
être le Sydoine, le linceul, dans
lequel Jesus avait été enveloppé.
Lorsqu'il fut apporté d'Edessa (Urfa)
à Constantinople en 944, il fut placé
dans la Chapelle du Phare et plus
tard fut exposé tous les vendredis
dans l'Eglise Sainte Marie
des Blachernes.
Après que les Croisés
de la Quatrième
Croisade eurent saccagé et pillé
la ville en avril 1204, le butin et
les reliques furent envoyés dans les
pays occidentaux. On ne sait pas ce
qui advint du Mandylion/Sydoine, mais
selon une théorie, le Saint Suaire
de Turin pourrait être le Mandylion
disparu.
Eglise
Sainte Marie
des Blachernes:
l'histoire de la Panaghia
des Blachernes (en Turc
Meryem Ana Kilisesi), le
sanctuaire de la Vierge le plus
vénéré à Constantinople durant
la période byzantine, remonte
au Ve siècle lorsque l'Impératrice
Pulchérie (450- 453), la fille
de l'Empereur Arcadius, et son
époux, l'Empereur Marcian (450-457),
firent élever une église à l'emplacement
d'une source sacrée,
lieu
de pélerinage depuis les temps
pré-chrétiens
près de la rive de la Corne
d'Or (aujourd'hui Ayvansaray).
L'Empereur Léon V (457-474)
termina sa construction, y ajoutant
l'Hagiasma, la fontaine d'eau
bénite où l'eau coulait des
mains d'une statue en marbre
de la Vierge; et le Haghion
Lousma, le bassin sacré où les
empereurs allaient fréquemment
assister à un rituel de purification.
Léon V ajouta également le parraclésion
de Haghia Soros pour abriter
la sainte Robe de la Vierge
rapporté de Palestine en 458
et la Ceinture (transférée içi
plus tard), ainsi que d'autres
reliques de nombreux saints.
Ce lieu saint renfermait également
l'icône au pouvoir miraculeux
et protecteur de la Vierge Blachernitissa.
En 626, lorsque Constantinople
fut assiégée par les Avars alors
que l'Empereur Héraclius était
parti en campagne contre les
Perses, le salut de la ville
fut attribué à l'intervention
de la Théotokos (la Mère de
Dieu) après que l'icône ait
été promené en procession le
long des remparts. De façon
à protéger le sanctuaire extra-muros
qui avait été exposé à un grand
danger lors du siège de la ville,
en 627, l'Empereur Héraclius
(575-641) fit entourer l'endroit
de fortifications. L'îcone disparut
durant la période iconoclaste
puis, d'après la tradition,
fut retrouvé caché derrière
un mur lors de travaux de rénovation
en 1030.
En
1070, un incendie endommagea
l'église qui fut reconstruite
par les Empereurs Romain IV
Diogènes (1067-1078) et Michel
VII Ducas (1071-1078). Lorsque
le Palais des Blachernes fut
érigé plus haut sur la colline,
il fut relié par un escalier
à l'Eglise. Tous les bâtiments
du complexe furent détruits
par un incendie en 1434 et rien
ne subsista du sanctuaire si
ce n'est la fontaine sacrée.
En 1867, une chapelle y fut
élevée et plus tard des apports
furent faits à la fontaine sacrée,
lui donnant son aspect actuel.
Quatre peintures murales réalisées
par Eirenarchos
Covas (1964) et une plaque de
marbre où est inscrit le célèbre
hymne byzantin à la Theotokos
ont été placées au dessus de
l'Hagiasma (Ayazma en
turc).
La source, qui est réputée pour
avoir des propriétés curatives,
est toujours très visitée par
des pélerins grecs orthodoxes.
La
portion de remparts qui descend depuis
la cour de Tekfur Sarayi jusqu'à Egrikapi
fut construite par Manuel Ier Comnène
afin d'assurer une meilleure protection
du Palais des Blachernes. Des neuf
tours élevées à l'époque des Comnènes,
d'Isaac Ange et des Paléologues,deux tours jumelles situées près
de la Mosquée Ivraz Efendi, retiennent
l'attention. Ces deux tours, la
Tour D'Isaac Ange et la Tour
d'Anémas, servirent de prison
jusqu'à l'occupation ottomane. Isaac
II Ange,détrôné par son
frère Alexis
III Ange en 1195, fut emprisonné
dans la tour percée de trois fenêtres
ouvrant sur l'extérieur de la ville,
et ses yeux furent crevés. La deuxième
tour fut appelée d'après le nom de
Michel Anémas. Cet officier haut gradé
de l'armée Byzantine était le chef
d'une conspirationvisant à
assassiner l'Empereur Alexis Ier Comnène.
Mais le complot ayant été découvert,
Anémas et ses companions furent condamnés
à mort après avoir eu les yeux crevés.
Prise de pitié pour Anémas, Anne Comnène,
la fille de l'Empereur, intervint
etle pardon lui fut accordé,mais ilfut enfermé et
enchaîné dans la tour. Plan
4, C 2
La
Forteresse de Yedikule (La Forteresse des Sept
Tours) se
situe au point de jonction des remparts terrestres
de Théodose avec les remparts maritimes faisant
face à la Mer de Marmara.
Un
arc de triomphe appelé “Porta Aurea”, la Porte
d’Or entourée par deux pylones, fut érigé par
Théodose Ier en 380 à l'extérieur des remparts
de Constantin. Comme
à Rome, cet arc était destiné aux empereurs
victorieux et à leurs armées lorqu'ils rentraient
triomphalement dans
la ville à leur retour de campagnes. Plus tard,
l'arc fut incorporé dans les remparts terrestres
de Théodose II qui ajouta également quatre tours
à la structure. Après la conquête de la ville,
trois
autres tours furent construites par le sultan
Mehmet II, d'où son
nom turc de Yedi Kule ou Forteresse des Sept
Tours. Cet ensemble servit d'abord pour le trésor
jusqu'au règne du Sultan
Murat III (1574-1595). Plus tard,
il fut transformé en prison où autochtones et
étrangers furent détenus en captivité. A droite
de l'entrée s'élève la Tour des Ambassadeurs
appelée ainsi à cause des personnages officiels
de pays en guerre avec l'Empire Ottoman qui
y furent détenus. En 1622, le jeune Sultan Osman
II, déposé par les Janissaires,
fut emprisonné dans la tour de gauche et exécuté
içi à l'âge de 17 ans.
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