BEYSEHIR


Beysehir est située sur la rive sud-ouest du Lac de Beysehir qui est le troisième plus grand lac après le Lac de Van et le Lac Salé, et le plus grand lac d'eau douce de Turquie. Le Parc National de Beysehir est également le plus grand du pays.

Dans la région il y a de nombreux vestiges archéologiques tels que les monuments hittites de Fasillar au sud de Beysehir, et au nord, la curieuse fontaine monumentale d'Eflatunpinar qui est un bas-relief représentant des femmes, des hommes et des animaux ressemblant à des lions.
Après des périodes de dominations différentes, Beysehir, après la chute du sultanat seldjoukide d'Asie Mineure au début du XIVe siècle, devint la capitale de l'émirat des Turcs Esrefogullari qui lui-même déclina sous les Turcs Ottomans. Les monuments les plus importants de Beysehir datent de cette période et incluent la Mosquée Esrefoglu (1298). Les colonnes intérieures en bois de cèdre et le plafond plat, les sculptures du bois et de la pierre, les faiences et les mosaiques font de cette mosquée un très bel exemple de l'art seldjoukide.

A voir également le mausolée Esrefoglu Kümbet, le medrese Ismail Aka, le Kuruçesme Han et le bedesten (bazar).



Mosquée

d'Esrefogullari


Les autres curiosités à voir dans les environs sont le Palais Kubad-Abad situé de l'autre côté du lac près de Gölyaka : construit par le grand sultan seldjoukide Alaeddin Keykubad in 1236, il possède de remarquables décorations en faiences et en stucs. En face sur l'une des 22 îles du lac se trouve le château de Kiz Kalesi (le Château de la Belle).


 




PERGE

La ville antique de Perge est située à 18 km à l'est d'Antalya, à 11 km de la mer et à 4 km à l'ouest de la rivière Aksu (l'antique Kestros/Cestros). C'était l'une des plus importantes villes de la vaste plaine côtière appelée Pamphylie dans l'antiquité.
Un texte gravé sur une tablette découverte dans la capitale hittite de Hattusa apporte la preuve de l'existence de Perge sous le nom de Parha-a et décrit son importance au XIIIème siècle av. J.C., bien avant l'arrivée des colons helléniques au début du VIIème siècle av. J.C.. Cependant, selon les croyances antiques, la ville aurait été fondée après la Guerre de Troie par les héros légendaires Kalchas et Mopsos et des fouilles, faites dans la cour d'honneur derrière la porte principale de la ville, ont révélé des inscriptions sur le socle de statues mentionnant les noms de ces héros.
Il n'y eut pas d'autre trace de document historique concernant la ville jusqu'à ce qu'elle se rende à d'Alexandre le Grand en 333 av. J.C. À partir de cette période, Perge devint une cité très importante et fut entourée de remparts. Sous la domination des rois Séleucides, Perge jouit d'une grande liberté et put frapper ses monnaies dont beaucoup représentaient l'Artemis de Perge car, à cette époque, la ville possédait un sanctuaire consacré à la déesse, renommé dans toute la Pamphylie. En 188 av. J.C, Perge passa sous domination romaine et continua de prospèrer durant les trois premiers siècles de notre ère, se parant de beaux monuments.
Lors de leurs voyages apostoliques en Asie Mineure, St Paul et son compagnon St Barnabé y séjournèrent.
L'un des plus célèbres habitants de Perge était l'astronome et mathématicien Apollonius (vers 262-180 BC) connu à l'époque comme le "Grand Géomètre" (Traité des Sections Coniques).

Certaines des trouvailles archéologiques faites à Perge datent du Vème siècle av. J.C., toutefois la plupart des vestiges appartiennent à la période de l'Empire Romain quand, aux IIème et IIIème siècles ap. J.C., la ville atteignit son apogée et fut la plus étendue. Les bâtiments qui ont survécu reflètent les splendeurs de cette période.

Les magnifiques sculptures qui sont exposées au Musée Archéologique d'Antalya dans deux salles qui leur sont consacrées,
montrent le haut niveau atteint par les ateliers de sculpture de Perge.


Le site archéologique de Perge comprend:

Le Théâtre était à l'origine un théâtre hellénistique avec un orchestra en forme de fer à cheval qui fut modifié par les romains. Il pouvait contenir 15 000 spectateurs. Du bâtiment de scène à deux étages (IIe siècle ap. J.C.), qui était richement décoré, il subsite la frise représentant la vie de Dionysos, dieu du vin et des spectacles, alors que les frises du dieu-rivière Cestros et celles de la Centauromachie et de la Gigantomachie sont maintenant exposées au Musée Archéologique d'Antalya. A une période plus tardive, l'extérieur du bâtiment de scène fut orné d'une Nymphée dont cinq grandes niches-fontaines ont subsisté.

Le Stade, l'un des mieux conservés en Anatolie de l'époque romaine, fut construit au IIe siècle ap. J.C.. Sa capacité était de 12000 spectateurs. 30 pièces voûtées aménagées dans les substructions s'ouvraient vers l'extérieur et servaient de magasins, à l'exception d'une sur trois qui servait d'accès au stade.

La Porte et la Muraille datent de la période tardive du IVème siècle ap. J.C.

Les Thermes sud étaient les thermes les plus importantes et les plus magnifiques de Pamphilie. Après avoir s'être entraînés dans la palestre, les Pergéens se plongeaient dans une grande piscine. Cette piscine était connectée au frigidarium, au tepidarium et au caldarium qui étaient en marbre. Les statues qui embellissaient le complexe sont conservées au Musée Archéologique d'Antalya.





La Porte Principale
et l'enceinte hellénistiques sont les seules structures pré-romaines datant du IIIème siècle av. J.C.. La Porte est composée de deux imposantes tours circulaires. Derrière se trouve une cour en forme de fer à cheval qui fut transformée durant la période romaine par Plancia Magna, qui était la femme la plus en vue de la cité, en une magnifique cour d'honneur dallée de marbre de couleur: dans les niches se trouvaient de nombreuses statues dont celles de Plancia Magna, grande prêtresse de la déesse Artemis et bienfaitrice de la cité. Il semblerait que les tours, de trois étages, aient été couvertes avec un toit conique. Au nord de la cour s'élevait un triple arc de triomphe.


La Rue à Colonnade , de 20 m de large, s'étendait de la Porte hellénistique jusqu'au Nymphée qui se trouvait au pied de l'acropole. Au milieu, un canal de 2m de large servait à rafraîchir l'atmosphère pendant les longs mois d'été, et de part et d'autre de la voie, des magasins étaient autrefois bordés d'une colonnade. La ville était divisée en quatre quartiers par deux rues à colonnade.


Le Nymphée était la fontaine monumentale qui s'élevait à l'extrémité de la rue à colonnade au pied de l'acropole. C'était un des plus beaux édifices de Perge. L'eau, qui provenait d'une source, s'écoulait dans un bassin par un conduit se trouvant sous la statue allongée du dieu-rivière Cestros. Cette fontaine alimentait à son tour le canal s'étendant sur toute la longueur de la rue à colonnade. La ville était divisée en quatre sections par deux rues à colonnade.

L'Agora fut construite lorsque la ville fut agrandie au IVe siècle ap. J.C..
Cette agora de plan carré mesurait 75m sur 75m et était entourée de magasins et d'une large stoa.

La porte principale et les tours jumelles

La cour d'honneur

L'agora de plan carré

Magasins le long de la rue à colonnade

La fountaine monumentale avec la statue allongée
du dieu-rivière Cestros

La rue à colonnade avec le canal en son milieu


Le bassin dans le complexe des thermes

Le caldarium

Le stade en forme de fer à cheval



Les sarcophages aux guirlandes, représentant le style
Pamphilien, sont une production exclusive des ateliers
de Perge - Musée Archéologique d'Antalya
Les frises de la Centauromachie et la Gigantomachie provenant du bâtiment de scène du théâtre,
sont exposées au Musée Archéologique d'Antalya
 




LES GORGES DE KÖPRÜLÜ

A 92 km au nord-est d'Antalya, le Parc National de Köprülü abrite de superbes gorges à la végétation luxuriante longues de 14 km. La route qui mène à ce parc national, suit le cours du Köprüçay, parcours d'eau vive idéal pour la pratique du rafting avec des rapides de niveau de difficulté I et II. La rivière Köprüçay est l'antique Eurymedon qui était à l'époque navigable jusqu'à Aspendos. La rivière, qui jaillit des montagnes du Taurus, se jette dans la Méditerranée. Le Pont d'Oluk, construction romaine à une seule arche, enjambe le Köprüçay à une hauteur d'environ 35 m.
De nombreux restaurants de poisson sont installés le long de la rivière.
Le Köprüçay et le pont romain d'Oluk
Rafting et kayaking sur le Köprüçay
 




ASPENDOS

Aspendos est une autre cité pamphilienne majeure. Elle est située à 50 kms à l'est d'Antalya, dans le village de Belkis.
D'après la tradition, la cité aurait été fondée par des colons d'Argos menés par le légendaire Mopsos au XIIIe av. J.C., à proximité de la rivière Eurymedon (Köprüçay) qui, à l'époque, était navigable. Des siècles durant, elle dut sa prospérité aux bateaux qui pouvaient arriver jusqu'à ses murs, facilitant ainsi un commerce maritime actif dans toute la Méditerranée. Au VIe siècle av. J.C., elle fut prise par le roi Crésus, puis comme les autres cités passa sous la domination de la Perse. En 468 av. J.C., les Perses furent vaincus lors d'une grande bataille sur terre et sur mer à l'embouchure de l'Eurymedon. Plus tard, la riche cité fut punie pour ne pas avoir voulu verser de tribut à Alexandre le Grand et fut contrainte à l'obéissance. Etant devenue vassale de Pergame, la ville fut ralliée à Rome en 190 av. J.C.. Aspendos connut sa plus grande période de prospérité lorsqu'elle fut incorporée à la Province Romaine d'Asie en 129 av. J.C.. La ville déclina durant la période byzantine puis connut un regain passager sous les Seldjoukides car, après divers réaménagements, le théâtre fut converti en palais pour le sultan Giyaseddin Keyhüsrev II entre 1237 and 1240. L'endroit fut finalement abandonné en 1261.

La ville antique se targue de posséder un magnifique théâtre réputé pour son excellente acoustique et sa très belle structure, ainsi qu'un imposant aqueduc.

Le Théâtre d'Aspendos est le mieux préservé des théâtres romains d'Asie. Des inscriptions en grec et en latin sur chaque côté de la skene mentionnent que sa construction fut commanditée par deux bienfaiteurs, les riches frères Curtius Crispinus et Curtius Auspicatus qui le dédièrent aux "dieux du pays et à la Maison Impériale".
Le théâtre fut édifié par l'architecte Zénon, originaire d'Aspendos, au IIème siècle ap. J.C. sous le règne de Marc Aurèle. Le théâtre, d'une capacité de 20 000 personnes, possède une cavea de 95m de diamètre (plus large que la scène) sur 30m de haut en partie adossée à la colline, ainsi qu'une galerie de 50 arcades surmontant la moitié supérieure des 39 gradins. Le mur de scène (skene), luxueusement décoré, était couvert par une avancée de toit supportée par une charpente en bois procurant une meilleure acoustique. Le mur de scène, percé de 5 portes était orné de 40 colonnes réparties en deux rangées superposées, et surmontées par des entablements à fronton.

Sur un linteau romain au-dessus d'une porte percée par les Seldjoukides sur le côté sud de la façade principale, et également sous la fenêtre à côté de cette porte, de nombreux bas-reliefs représentant des animaux (lions, cerfs) ainsi que des figures géométriques comprenant un soleil à face humaine, ont été mis au jour en 2007. Ces reliefs furent sculptés afin de décorer ce qui était devenu la residence d'un sultan. Les carreaux de faïence datant de cette période sont conservés au Musée Archéologique d'Antalya.

Dans le cadre du Festival du Film et de l'Art d'Antalya, des concerts et spectacles sont organisés dans le théâtre.

A proximité du théâtre se trouvent les vestiges d'une basilique, d'une agora, d'un nymphée, d'un bouleuterion et d'un stade.

L'Aqueduc, dont on peut voir les vestiges à environ 2 kms au nord du théâtre, est l'un des plus imposants et aussi l'un des aqueducts romains les mieux conservés de Turquie. L'eau était acheminée par un aqueduc depuis des sources situées à 17 km dans les montagnes, jusqu'à moins de 2 km de la ville. De façon à faciliter la traversée de la vallée précédant l'acropole, les deux derniers kilomètres d'aqueduc étaient faits d'un système hydraulique complexe qui consistait en trois siphons inversés et deux châteaux d'eau massifs qui avaient une élévation différente et une courbe (angle) différente en leur milieu afin de changer la direction du flux d'eau.
Une fois que l'eau était arrivée aux abords de l'acropole, elle était distribuée vers le Nymphée, une fontaine richement décorée qui s'élève sur le côté nord de l'agora, vers les thermes et autres bâtiments de la ville.


Le Théâtre

Galerie haute à arcades

Mur de scène

Détail du mur de scène

L'aqueduc et la rivière Köprüçay

Un des deux châteaux d'eau à l'entrée du village